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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 14:11

c'est a moi

 

Parfois, j'ai 5 ans. Ou moins.

 

Ca arrive quand je me prends l'envie de jouer avec le poupon de ma fille. Ou quand je trie mes vieilles Barbie (bien plus belles que celles d'aujourd'hui) avec l'envie de les peigner et de leur mettre leurs plus jolies robes.

 

Ca arrive quand je me prépare un "vrai" chocolat (avec du vrai cacao, à râper dans du lait - recette antillaise), celui qui a le goût de mes vacances en Guadeloupe.

 

Ca arrive aussi quand je me fais un tout petit bobo. Il est tout petit, mais y coller un pansement, ça me rassure et ça me fait du bien. Je pousse même le truc jusqu'à faire un bisou dessus.

 

Mais plus que tout, ça arrive quand me prend l'envie de planquer toutes MES affaires. Mes choses à MOI. Quand je m'aperçois qu'on a utilisé MES objets pour en faire autre chose et a fortiori, les déteriorer.

 

Ainsi ma pince à épiler, la toute neuve, s'est retrouvée tordue et inutilisable. La pauvre on l'avait pressée comme un citron pour tirer je-ne-sais quel fil électrique.

Mes spatules à pâtisserie on servi a lisser des joints de carrelage (foutues).

Il y a eu ma belle brosse à vaisselle, utilisée pour débarraser de leur boue, des chaussures de sport dégoutantes.

Il y a eu mes si jolies poêles anti-adhésives, qui n'ont plus rien d'anti adhésif.

Il y a eu mon téléphone plein de bave.

Il y a eu mes carnets de note gribouillés et/ou plein de bave.

 

Je regarde mes petites choses, certaines sans valeur mais choisies avec soin et dans ma tête, une petite fille de 5 ans hurle :

 

C'EST A MOI !! A MOI ! A MOI !

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 12:19

Y'a pas très longtemps j'ai fait une visite virtuelle d'une clinique virtuelle née de mon imagination. Une clinique psychiatrique où je rendais visite à Petit Ours Brun, mon vieux pote Petit Ours Brun. Le pauvre avait perdu au moins 30 bons kilos.

On s'est assis pour discuter un peu et des amis à lui, rencontrés sur place nous ont vite rejoints : Mickey, la souris toxicomane, Tchoupi le singe anorexique, Babar l'éléphant dépressif. Les Bisounours n'étaient pas loin, les yeux dans le vague et sous perf' d'anxiolytiques. Tous très sympas, juste tristes et clairement déprimés.

 

- Quand même Petit Ours, vous faites peine à voir toi et tes potes. Vous avez perdu votre prestige en fait...

 

- M'en parle pas ! On n'est pas là pour rien. C'est à cause du boulot, c'est plus comme avant. On galère...

 

- Attends, avec tous vos bouquins, vos séries, vos DVD ?

 

- Et ouais... Les gamins nous sollicitent moins. A cause des parents. Ils ont la mémoire courte ceux-là. Ils veulent plus acheter nos bouquins et nos produits dérivés. Ils nous trouvent "cul-cul", stupides. D'après eux, on stimule pas assez les gamins...

Je crois que le pire ça doit être moi. On m'accuse d'être macho, tout ça parce que mon éditeur a sorti un tas de bouquins avec ma femme qui fait la bouffe, qui fait le lit, qui range la maison. Je véhicule une image dégradante de la femme a priori.

 

- Han, mon pauvre, ça doit pas être facile-facile... Et ces deux filles là, qui c'est ?

 

- Les ptites nouvelles, Dora et Kitty. Elles ont eu une ascension fulgurante, on se les arrachait. Et puis certains parents les ont descendues en flèche. Trop cul-cul elles aussi. Alors que les gosses les adorent.

Mais tu comprends, les parents aujourd'hui, il veulent de l'éducatif, du super-intelligent. Il faut qu'on amuse les petits et en plus qu'on leur apprenne un tas de trucs ! De l'éveil, du jeux, il faut être polyvalent...Il faut pas porter de mauvais message, faut faire attention à tout avec les nouveaux parents !

Et encore, tu sais, nous sommes chanceux. D'autres tournent VRAIMENT mal :

winnie.jpg

Alors, c'est qui le cul-cul hein ?

 

 

Bon, trêve de plaisanterie. Cette petite simulation reflète assez mon état d'esprit du moment. Je n'arrive pas à comprendre en fait. Qu'on les trouve complètement neuneu ses ours, singe, fillette, chat, ça, je le comprends. Après tout, cet idiot de Franklin ne sait toujours pas lacer ses chaussures... alors qu'il n'en porte pas ! De mes yeux de 30 ans, évidemment, que ces trucs seront toujours un peu niais. Mais, à la bibliothèque avec mon fils autrefois, je regardais à peine ce qu'il choisissait d'emprunter. Juste, fallait pas que ce soit pornographique quand même, ou violent.

 

Je lis, j'entends, je vois de plus en plus de mamans (et de papas !) sélectifs et, ce n'est que mon avis, snobs (c'est dit), quant au choix de certains livres / jouets / mythes à destinations des enfants et je parle bien évidemment des tout-petits.  Parce que, que tu le veuilles ou non, ton gamin, il y viendra à Dragon Ball et aux supers-guerriers qui tranchent les gentils en 2 ou les absorbent avec leur queue. J'ai longtemps cru que le Haricot resterait à vie abonné à Papoum... mais non.

Je discutais il n'y a pas très longtemps avec une copine dont le fils a 4 mois de moins que ma fille. Après s'être un peu fritées sur le sujet épineux de "Youpala, oui ou non ?" (un classique), elle s'est étonnée de ma dernière acquisition livresque en brocante : des petits livres en tissus Petit Ours Brun (cro meugnon...). Ma fille, qui considère tous les animaux comme des chats, s'est mise à miauler d'enthousiasme en les voyant ! Hop, ils étaient à nous pour un euro !

 

- Ouais, mais Petit OUrs Brun c'est quand même le summum du bouquin sexiste, quoi. Et alors, c'est d'un cul-cul. J'achèterai jamais ça ! PAR CONTRE, je te recommande cette série des éditions Proutmouche. Chaque livre apporte un savoir nouveau à l'enfant qui blablablablabla...

 

J'avoue que j'ai décroché. A vrai dire, je m'en fous. Que tel ou tel héros des petits soit cul-cul, niais, que sa femme fasse tout le boulot à la maison comme cette pauvre Maman Ours... je m'en fous. 

Ce n'est qu'un ours bordel !

 

Alors, comprenons-nous bien, je suis la première à m'extasier sur un bel album, de jolies illustrations, un jouet éducatif. Il est bien évident que certains livres éveillent bien plus les enfants que d'autres et qu'il existe de réelles différences de qualités de contenus (comme dans tout). Il y a encore peu de temps, mon amie Perlipo et moi partagions notre enthousiasme pour une collection de petits livres tout simples et qui, sans prétention, avaient une approche assez montessorienne.

 

Mais, (car il y a un mais), je me contrefous de savoir si les Playmobils sont sexistes, si Minnie est niaise ou si Dora n'apprend rien aux enfants (à part comment se rendre à l'Arbre à Cacao - hum). Et je m'en tamponne le coquillard si Kitty n'a pas de bouche (elle miaulera moins que mon chat) ou si elle est connotée 'nunuche". Si ma fille veut une Kitty, elle l'aura (merde).

L'âge d'avoir précisément ce dont on a envie passe trop vite...

L'âge de faire exactement ce qu'on veut aussi. Il arrivera vite le moment où mes petits seront entourés de bêtes savantes qui critiqueront ce qu'il faut regarder à la télé ou pas (d'ailleurs, la télé, c'est le mal non ?) et que "si tu regardes ça c'est que t'as pas de culture, en revanche, si tu regardes ça, c'est bien !" (comment ça me gonfle ça aussi...).

Ce sont des ENFANTS, mes enfants (comme les tiens en fait). Mon avis ? Tout le monde devrait péter un bon coup et arrêter de taper des thèses de 10 pages sur des dessins animés.

 

Voilà. Ca fait du bien.

 

Dans un prochain numéro de "Nanette fait sa crise", je parlerai de mon ras le bol des livres sur la parentalité, puis j'évoquerai, bien sûr, cette espèce d'obsession d'aimer forcément de la musique ou des bouquins que personne ne connaît (vive le commercial.)

 

Bien cordialement et belle journée !

 

 

P.S : Est-il besoin de préciser que ce n'est que mon avis et que tu peux acheter / penser ce que tu veux sur ce sujet et t'en ouvrir en commentaire !

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 10:05

vignette.jpgHier après-midi, alors que je flânais sur facebook, un statut est apparu dans mon télex.

 

Frédérique Paresseuse annonçait qu'elle avait passé avec succès son contrôle technique. Pas de trace de la maladie, le "grand bazar" comme elle l'appelle, qui a traversé (bouleversé, malmené) sa vie en 2008.

Quand on a ce genre de parcours, on sait à quel point la cinquième année de rémission est importante.

 

J'ai pensé alors au mien, de contrôle technique. La grossesse a repoussé la révision de la première année post-op', mais maintenant il est temps.

 

Et comme à chaque fois, je n'ai pas envie d'y aller. Toujours ce douloureux souvenir. Avoir été si sûre que c'était terminé et rechuter la cinquième année. Le traitement lourd qui a précédé l'opération (et tous ces petits désagréments intestinaux), tous ces détails et ces souvenirs que j'ai réussi à occulter grâce à mon mariage, la naissance de ma fille...

 

C'est pas grave bien sûr, pas aussi grave qu'un tas d'autres cancers. Mais je sais que si "ça repart" un jour, ce qu'il me reste d'os dans le pied, je devrai en faire le deuil. Et puis ce qu'il y a de très con avec cette maladie c'est qu'elle s'installe quelque part et tu ne sais jamais si un jour, elle n'aura pas l'idée de déménager ailleurs...

 

Bref, ce matin, j'ai décidé d'enlever mes oeillères, de sortir ma tête du sable, de mettre un mouchoir sur mon opération de 2010... et d'appeler le Dr Van Houten pour le contrôle technique annuel.

 

Je me suis faite copieusement engueuler, rapport aux 6 courriers que j'ai reçus depuis la naissance de ma fille.

 

- Vous deviez revenir juste après. La peur n'évite pas le danger, Madame Nanette !

 

Facile à dire. Si je rechute, je suis bonne pour avoir un pied bionique en plastique.

Alors oui, j'ai peur. Mais je vais y aller.

 

Je sais qu'il n'y aura RIEN. Il le faut.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 09:01

imagesJ'aurai 30 ans dans deux mois, le 21 avril. A cette date, je serai au soleil et ça m'arrange bien.

 

Je ne "fête" jamais mon anniversaire. Je préfère un petit repas dans l'intimité de ma plus proche famille : mon mari et mes enfants.

Adolescente, je n'ai jamais fait de grosses fiestas à la maison (de toute façon, on m'aurait refusé toute boum ou équivalent) et enfant, pas de fête non plus. Bien sûr, il y avait un gâteau, des bougies parfois. Mais ça n'était pas un évènement à proprement parler.

 

L'année de mes 6 ans, mes parents ont décidé de divorcer. Puis ont changé d'avis. Puis ont repris la procédure après des retrouvailles ratées.

J'ai tout appris cette année là : ce que voulait dire séparation de corps, ce qu'était un homme qui trompe sa femme, le bruit des assiettes par terre. On ne m'a rien épargné.

Ça a duré longtemps cette période. Des cris, un peu, beaucoup, tout le temps. Des adultes occupés à s'engueuler, à s'insulter et deux petites filles au milieu. Une toute petite et une plus grande obligée de jouer les mamans (mais avec brio ma Nanny).

 

Et puis un 21 avril, le grand jour est arrivé.

Mon père a pris sa journée. Comme tous les matins, il a laissé sur la machine à laver notre bol de lait et l'orange du matin, pour les vitamines.

Ma mère a pris sa journée. Comme tous les matins, elle a pris son temps pour se maquiller et donner à ma soeur les derniers conseils avant le départ pour l'école.

 

Et ils sont allés divorcer. Pour de bon. Officiellement. Le jour de mon anniversaire.

 

Nous sommes rentrées de l'école. La plupart des meubles du salon avaient disparu, après un partage négocié bec et ongle.

Papa a quitté la maison ce jour-là. Je n'arrive pas à me rappeler quel âge j'avais. Il n'y a pas eu de gâteau.

Juste deux pains aux raisins achetés en vitesse avant de partir. Il a planté des bougies dessus, m'a offert un cadeau, nous a embrassé en pleurant et puis il est parti.

 

Je ne fête plus jamais mon anniversaire depuis. J'organise volontiers celui de mon fils, j'en fais même trop parfois. Mais le mien, je ne le fête pas. Nous restons à la maison, le Haricot et Monsieur Nanou préparent une petite tarte, mais tous les deux respectent (enfin respectaient parce que mon mari fait du forcing) le fait que ce jour soit un jour difficile pour moi.

 

Cette année est une grande année : notre fille aura 1 an le 7 avril. Son père aura 30 ans le 5 avril. Nous partons en vacances le 11.

Je vous épargne le raccourci imaginé par toute la famille (la palme du j'insiste lourdement revenant à mon beau-père) : faisons un grand anniversaire commun ! Celui de mon mari, de ma fille, oui, mais pas le mien, par pitié.

 

J'ai tenté de contourner les choses en objectant qu'on ne fête pas un anniversaire quinze jours avant, mais on me force la main.

 

Et on sourit en insistant gentiment...

 

C'est ma journée non ? C'est mon droit ? Est-ce que je l'ai encore ce droit ?

 

Le droit de ne pas vouloir fêter un jour qui, pour moi, reste l'un des plus noirs de ma vie.

 

P.S : J'ai finalement durci un peu le ton. J'ai failli dire "j'ai dit non PUTAIN !", mais je l'ai joué plus fine, mais plus ferme.

P.P.S : En plus, on prend l'avion 4 jours plus tard. Ca nous porterait la poisse.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 08:00

Au-voleur.jpgJ'ose espérer qu'il s'agissait, de petits jeunes blasés ou pauvres et en recherche d'un bon larcin. Je sais que c'est la crise, toussa toussa, mais c'est le genre de trucs qu me fait bondir et me donne des envies de violence.

Un peu comme quand on brûle des bagnoles dans les cités.

 

J'ose espérer qu'on ne l'a pas observée pendant ces trois mois de veuvage. L'heure à laquelle elle part le matin, le fait qu'elle ne rentre pas le midi. Sa voiture à lui qui n'a plus bougé depuis des mois, son jardin mal entretenu parce qu'il n'est plus là pour s'en occuper...

 

Mais je me doute bien que si.

 

Le téléphone a sonné à 23h30 jeudi dernier. Je ne dormais pas. En entendant la voix de ma soeur, en larmes, j'ai eu peur pour son petit. Mais ça n'était pas ça.

Quelqu'un est rentré chez elle pendant la journée. A volé juste une petite boîte contenant des bijoux, laissant l'ordinateur, les télévisions...

Portes et fenêtres grandes ouvertes. Tiroirs grands ouverts. Sentiment de sécurité complètement détruit.

 

Je ne vais pas te la jouer "les cambrioleurs sont vraiment des méchants", mais comme d'habitude, quand je me sens impuissante, en colère, complètement blasée, j'ai besoin de venir m'épancher ici.

 

Elle n'en avait pas encore assez ma soeur ? Il faut qu'une bande de ********* vienne lui prendre un peu de ce qui lui reste : ce sentiment d'être chez elle dans cette maison qu'ils ont choisi ensemble, ce projet de vie qu'ils avaient en commun, ce petit bout de terre qu'ils voulaient laisser à leur fils.

Il y a un peu de Lui dans chaque pièce, chaque meuble choisi, chaque objet Cars qu'il s'efforçait de collectionner pour son fils.

 

Et ils lui ont pris ça. Maintenant, quand elle rentrera chez elle, ce sera dans la peur d'y trouver quelqu'un. Dans la peur de ne plus y retrouver quelque chose.

Sur cette île où la nuit est peuplée de bruits, elle a passé la sienne à essayer de distinguer celui d'une porte qu'on essaie d'ouvrir, du pied de biche qui déloge le loquet de son volet en bois...

Juste au moment où elle retrouvait un semblant de sommeil correct.

 

Les cambriolages sont souvent commis par des personnes de l'entourage des victimes, lui ont dit les gendarmes. Rassurant.

 

Estimez-vous heureuse qu'on ne vous ai volé que quelques bijoux.

 

Ils ont volé bien plus que ça.

 

 

P.S : Inutile de vous dire que si je tenais ces salopards...

Quelqu'un les a vus entrer, a prévenu les gendarmes. Mais ne témoignera pas sur ce qu'il a vu. Merci, mais pas merci.

 

P.P.S : Pour la comparaison faite avec les bagnoles dans les cités, aucun mépris de ma part, j'en viens des cités. C'est pour ça que je dis que c'est vraiment couillon de brûler la voiture d'un père de famille pour crier sa colère. Même si elle est légitime.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 08:00

Oh, tiens, un coup'd'gueule !

 

S'il y a bien deux trucs qui me révoltent (à part la faim dans le monde et la disparition des biscuits Dinosaurus de carrouf market), ce sont bien les raclures de bidet de boîtes à crédit genre Cétéprout et Sofincul) et le business puant des pompes funèbres.

 

Oh dis donc, aujourd'hui, je suis de mauvais poil, ça faisait longtemps. Je t'essplique, lectrice (ou teur), sinon tu vas croire que je gueule pour rien. Je te préviens d'avance, je vais enfoncer des portes ouvertes, mais c'est pas grave, ça coûte rien de le dire. De le répéter et de s'INDIGNER. Même si c'est pour rien.

 

Donc, quand ce sale pourri de destin décide de t'enlever aux tiens, c'est déjà pas la joie. Ca fait clairement chier et tes proches oscillent pendant des mois/années/décennies avec une peine tellement lourde à porter que ça leur fout le coeur en vrac. Mais bon, pas le temps de chialer, il faut s'occuper des papiers enfin ! Y'en a encore plus que quand tu es née. 

Avec la mort, viennent les questions, primordiales bien sûr : qui va payer tes impôts vu que tu es mort mais que tu as travaillé ? Qui va payer ton échéance de prêt de ce mois-ci (n'oublie qu'elle tombe le 7 et que tu es mort le 21 !) ? Qui va s'occuper de ta paperasse ?

Et the last but not the least : qui va donc s'occuper de tes obsèques et les payer ?

 

Cette question, finalement, tout le monde s'en tape. Ce sera forcément quelqu'un qui tenait à toi, qui voudra t'offrir le meilleur, un endroit doux et chaud, surtout, surtout que tu n'es pas froid, que ce ne soit pas impersonnel...

Les Pompeuses Pompes Funèbres savent très bien tout ça. Elles vont consoler ton/tes être(s) chers, leur mettre la main sur l'épaule, leur filer un mouchoir en tissu ("gardez-le Madame, c'est normal...")... et sortir le Catalogue. Le Catalogue avec une famille éplorée dessinée dessus et un slogan merdique (Dans votre peine, reposez-vous sur nous).

Jusque-là, rien de bien méchant. Normal que tu reposes quelque part. Et surtout dans quelque chose. Normal aussi qu'il y ait une différence de prix entre le chêne et le pin.

 

Alors ils choisissent. Entre deux sanglots, parfois sans pleurer - ils réalisent pas vraiment, pas encore, ils ne t'ont pas vu - ils disent "oui, oui, ça ce serait bien pour elle/lui. Et ça aussi, oui, c'est si doux comme tissu, comme ses chemises..."

Ils choisissent, ils choisissent. Comme dans un bon resto, y'a pas les prix sur la carte.

 

Y'A PAS LES PRIX SUR LA CARTE.

 

"Venez dans le bureau Mesdames, voilà. Une chaise ? Je vous imprime tout de suite le devis bon de commande. Si vous voulez bien le signer..."

Et voilà. 7000 euros. Ou 8000. Ou 6000. Dont entre 1500 et 3000 euros de cercueil. Alors je sais bien qu'il faut bouffer, que chacun son business, que le pin n'a pas le même prix que le chêne, mais faut pas déconner. Il me semble que pour faire une armoire, c'est le même matériau. Jamais vu une armoire à 7000, pas même chez Roche Bobois.

Ma soeur m'a racontée que la dame devant elle était triste et gênée, qu'elle a demandé à revoir le catalogue : "vous comprenez 7000 euros, je peux pas..."

Tu m'étonnes qu'elle pouvait pas. C'est 7 mois de retraite. 

Mais purée, comment font les gens ? Ceux qui n'ont pas 7000 euros là tout de suite ?

Ma soeur m'a raconté que la femme devant elle, était toute gênée (tu m'étonnes, quand on connaît les minimas sociaux dans les DOM - inférieurs à ceux de métropole) : "je vais revoir le catalogue, 7000 euros je peux pas..."

 

Pompes-funebres.jpg

  A ma soeur, on lui a proposé un porte-clef.

 

J'en ai vu passer des factures de pompes funèbres dans mon ancien métier, sans jamais les voir. Sur mon logiciel de notariat, j'appliquais les frais, ou le forfait, je faisais les transferts de fonds.

Aujourd'hui, la mort me touche de près. A 7000 kilomètres de distance, je gère un peu la paperasse pour ma soeur. Je remercie le bon Dieu et la législation qui veut que les frais d'obsèques ait été réglés par l'employeur de mon beau-frère (il est décédé lors d'un déplacement professionnel). Parce qu'en voyant la facture, j'ai un peu halluciné. J'ai un peu crié au scandale, derrière mon PC.

Sur le montant, bien sûr. Mais aussi sur certains détails à la con et complètement bidon dont on se passerait bien. Genre que les "caches-vis en plastique" valent 25 euros. Ou les poignées 80 euros. Chacune.

Comme dirait ma soeur, qui arrive à en rire (on n'est pas soeurs pour rien) : "quand tu vois la gueule des cache-vis, tu te poses des questions sur la destination des 25 euros".

 

Alors bien sûr, y'a du personnel à payer, mais c'est pas la plus grosse partie. Les prix pratiqués me révoltent. La manière dont les "options" sont présentées également. Parce que si t'as pas les moyens d'avoir le beau capitonnage satiné... t'as un truc moche la plupart du temps. Oh, je sais bien que là où ils vont, ils ont pas besoin de soie, ni de satin. Mais quelque part, ça nous rassure, ça n'apaise pas, ça aide.

Tu fais quoi quand t'as pas les 5000 euros là tout de suite ? Tu fais un emprunt ? Tu paies en plusieurs fois ?

Parce que passées les sincères condoléances, vite, très vite, ils te posent la question :

 

"Vous comptez payer comment ? Chèque, carte bancaire, virement ? Oui, oui, on prend les virements !"

 

Heureusement, ce passage obligé ne dure pas longtemps... Après avoir vu les "modèles disponibles" pour "te faire une idée", après avoir payé au moins un acompte, on te laisse repartir. Mais avant, on te file une carte et un prospectus :

 

"N'hésitez pas à faire appel à nous. A bientôt..."

 

 

 

P.S : Un ton plus joyeux demain, c'est l'anniversaire des Humeurs. Deux ans déjà. On fêtera ça la semaine prochaine, promis !

PPS : J'ai trouvé ce dessin sur le net. Je ne retrouve pas l'illustrateur, mais ce dessin... c'est exactement ça. Si d'aventure il passe par ici, qu'il m'excuse pour avoir utilisé cette image, mais je crois que c'était pour la bonne cause.

 

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 15:10

baby_weight_pic.pngAu cours d'un de nos nombreux appels hebdomadaires (Dieu bénisse Free et l'illimité vers la Guadeloupe), ma Frangine Nanny m'a à nouveau confié son inquiétude quant au poids de son fils. En Guadeloupe, le mythe de l'enfant replet n'est pas mort, comme dans bien d'autres régions/familles/coutumes. C'est donc très souvent que son entourage (les puéricultrices de la crèche, sa belle-famille, sa famille) lui fait la remarque que son petit Léo (c'est pas son nom, mais à 3 mois, il grognait comme un lionceau, donc...) est "tout fin" ou "pas très gros". A 18 mois, il pesait 9 kilos.

Ajoutez à cela quelques soucis pour manger et vous avez une bonne vieille recette de culpabilisation maternelle puissance 10. Elle pourrait bien se foutre des remarques et réflexions, mais bon, on ne se débarrasse pas facilement d'une éducation basée sur la peur du regard des autres et le qu'en dira-t-on.

Alors à la Frangine, je lui ai demandé si le très léger blocage sur la bouffe de son petit ne venait pas du fait qu'elle fait un peu une fixette sur les commentaires de sa couillonne de belle-maman. Parce qu'il mange à la crèche son petit emmerdeur. Elle a dit non. Et puis p'tèt que si. Et puis, oui j'crois bien, on reste une heure à table pour qu'il avale un truc, sinon il picore.

 

Ça m'a rappelé mes jeunes années de (trop) jeune maman durant lesquelles, régulièrement, on me faisait remarquer que le Haricot portait bien son nom : grand et fin. Réflexions qui m'ont conduite à arrêter d'allaiter et à lui filer des farines dégueulasses plusieurs fois avant d'avoir les couillesovaires de m'insurger (j'étais une jeune maman, certes, mais complètement conne et dénuée de convictions) et de dire non. Et non aussi aux petits pots dégueulasses (ceux à la carotte, qu'ont pas le goût de carotte, tu suis ? Mais c'est comme tout, y'en a des bien comme dirait Didier Super).

 

Et rebelote pour la Fève. Née à terme mais toute crevette, en me voyant lui donner le sein, la question revenait sans cesse dans la bouche des gens : "Tu l'as pesée ?" "Elle prend bien du poids au moins ?" "Comment tu sais si elle boit vraiment ?" (elle déglutit, c'est pas sorcier !).

Et aujourd'hui, ma fille a presque 4 mois et en la voyant, tout le monde s'exclame "Elle est bien potelée, ça prouve qu'elle se développe bien !"

 

C'est marrant parce que mon mari et moi, son développement on le remarque plutôt à la manière dont elle nous suit des yeux, dont elle nous reconnaît. Et puis elle sourit, elle commence à attraper les choses, à être plus tonique.

On l'a ramenée à la maison à la maternité et on a fait croire aux gens qu'on la pesait. Sinon, je pense qu'à l'heure qu'il est on aurait plus de famille - rapport au fait que je ne supporte pas beaucoup les questions de merde du genre "tu arrêtes quand de l'allaiter ?" ou "Mais quand vas-tu la laisser pleurer un peu ?"

 

D'où vient ce foutu mythe sur le poids des enfants ? Évidemment, je ne dis pas qu'un enfant qui casse sa courbe ou arrête de grossir ne doit pas être surveillé un peu. Mais, purée, il faut être gros et replet pour être en bonne santé quand on est bébé ? Un bébé n'a pas le droit d'être un peu plus fin que les autres et en dessous des courbes du carnet de santé (des courbes qui n'ont pas été mise à jour depuis belle lurette, depuis l'ère des farines étouffe-chrétiens) ?

 

Quelqu'un de très bien m'a dit un jour : "la croissance d'un enfant ne se mesure pas à son poids mais à son développement cognitif".

Bien envie d'envoyer ça par mail aux PMI de la France entière tiens !

 

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 10:20

kramer.jpgA 18 ans (même pas en fait), quand nous sommes devenus parents tous les deux, je lui ai laissé le choix. Etre père à 17 ans, ça ne s'improvise pas. On ne "sent" pas cette petite vie qui grandit, surtout quand on n'est plus avec la maman depuis quelques mois. Et puis il a fait le choix d'être un papa, aussi bien qu'on peut le faire à son âge. Il a finit apr accoler son nom au mien pour que ntore fils ait un peu de nous deux aux yeux de l'Etat Civil.

 

Fille de divorcés, j'ai toujours fait tout ce que j'ai pu pour renforcer leur lien, l'encourager. Un papa, c'est comme une maman, ça n'est pas moins important. Et puis, je gardais le secret espoir que l'amour renaisse, qu'on soit une famille, nostalgique de cet amour de mes 16 ans, de ses lettres enflammées, des bisous-bisous et séances de pelotage au ciné... Purée quand j'y repense, c'était y'a douze ans quand même !

Quand il a fallu avaler la douloureuse pilule "j'ai une nouvelle meuf et c'est ta meilleure amie, bonne rentrée universitaire !", je l'ai fait. En totale dépression, confite de jalousie, mais je l'ai fait. Ladite meilleure amie passant immédiatement au stade de "grosse garce pleine de varices", bien entendu, faut pas déconner !

 

MAIS, y'a des jours comme ça où j'ai envie de le buter. Alors je préfère m'en ouvrir ici, plutôt que de passer à l'acte, je ne veux pas aller en prison, la bouffe y est dégueulasse.

Bon, peut-être pas de le buter, le mot est fort et puis y'a ce truc de "tu ne tueras point", qui me tient assez à coeur, toussa toussa. Non, simplement envie de lui faire subir des trucs pas cool, à base de goudron, de plumes et de grosse baffes dans la gueule.

 

Il a le don de m'exaspérer à un point que t'imagine pas. Des fois, je le hais, si si, c'est de la vraie haine, j'ai fait le test.

Des fois, quand mon fils rentre de week-end avec des "Avec papa j'ai fait ci ou ça" plein la bouche, j'ai envie de me boucher les oreilles, de hurler "j'en ai rien à foutre de ce sale con ! je ne veux plus en entendre parler !".

Des fois, j'ai en horreur cette petite admiration père/fils que je trouve parfaitement injustifiée si l'on considère que dès lors qu'il a décidé d'être un père, sa conception de la paternité s'est bornée à : vacances, Disneyland Paris, consoles de jeux, deux survêt' adidas à la rentrée, pression sportive et basta ! (oui je pourrai lui coller une pension alimentaire au cul, mais je ne le fais pas).

Ah et pis aussi, de temps en temps, il se fend d'une prise de décision éducative complètement con et qui irrémédiablement me fait passer pour la vilaine mère de la vieille école.

Genre, quand le Haricot a eu 5 ans, il a eu le droit de jouer dans le square devant chez son père. Square non cloturé. Evidemment, j'ai imaginé Fourniret et Emile Louis dans le voisinage alors que le Grand Ex a eu cette phrase mémorable "Mais putain, i's'rait p'tèt temps que tu coupes le cordon !" 

Ambiance...

  

Comme je m'en ouvrais à une coupine blogueuse qui se reconnaîtra, confession qui me fit un bien fou ce jour-là : parfois, je l'avoue, mea culpa, le fait que mon fils l'aime m'agace. Leurs ressemblances physiques et souvent comportementales, m'agacent aussi. Le fait que le Haricot le prenne en exemple n'en parlons pas. Pourquoi ?

Je te rassure, je ne verbalise jamais tout ça devant mon fils, je me mords la langue, je bouffe des madeleines (longues aux oeufs frais) mais je ne dis rien.

 

Et paradoxalement, si mon fils n'avait pas son père, je serai triste comme la pluie. Triste pour lui et en pétard contre le Grand Ex parce que, putain, mon gosse est génial et il ne saurait pas ce qu'il rate.

 

Mais re-putain, j'aimerais de temps, malgré moi... qu'il n'existe pas. Je suis parfois lasse de devoir toujours faire et vivre en fonction de ce "paramètre" (expression chère à Mentalo !), de cet homme qui ne partage pas ma vie (et ne l'a jamais partagée en fait) mais a tout de même son mot à dire.

Il faut parler des vacances et batailler pour les dates, ne pas déménager trop loin, informer, tenir au courant, "n'oublie pas d'appeler ton père pour sa fête", ... sans aucune contrepartie.

Nous n'avons pas connu la douleur et l'épreuve du divorce, on ne s'est pas disputé le droit de garde (pas facile de partir en Rep'Dom avec les potes quand on a un bébé hein... bouh que je suis mauvaise !) mais une à deux fois par an, on s'accroche. Et il faut faire attention encore une fois à ne pas dire "ce connard m'emmerde, qu'il aille se faire...", parce que nos 66 m² n'étouffent pas les bruits...

 

Re-re-putain, j'en ai marre. Sa nouvelle lubie : un portable (le téléphone) pour les 11 ans du Haricot. Me demande pas pourquoi, je suis contre, je trouve ça trop jeune. Mais je juge pas les mamans qui en achètent aux gosses de primaire. C'est juste mon choix d'attendre un certain nombre d'années avant que mon fils n'en ai un.

Et BAM : le Haricot rentre dimanche avec un  Samstruc et son forfait bloqué payé par papa (quid de la pension alimentaire ? si tu savais pas quoi faire de ta thune, fallait m'en parler !). Sans m'en parler. Je ne suis QUE la mère après tout. Une mère bornée et têtue... qui va renvoyer le portable à l'expéditeur, donc passer pour la méchante. En même temps, père et fils étaient prévenus : no way avant le lycée (allez le collège, je vais être sympa, mais genre en 4ème voire 3ème)..

 

Re-re-re putain, que ça fait du bien de vider son sac. Y'en a un qui doit avoir les oreilles qui sifflent...

Si toi aussi t'as eu un ou des gosses d'un "premier lit" (je kiffe cette expression ringarde), ça se passe comment pour toi ??

 

 

P.S : j'ai conscience que j'étale un peu ma vie privée. Mais j'en ai besoin là, tout de suite.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 08:00

dora-trash.jpgY'a des lundis comme ça, où je m'indigne, à la manière de Stéphane Hessel. Mais bon, moi on va me tirer à 500 000 exemplaires ! Y'a des lundis comme ça où sur mon blog, je parle des VRAIS problèmes.

 

 

Je m'indigne contre le prix de l'essence, qui, bordel, a encore grimpé. Et le gazoil suit... On fait comment alors ? Parce que tant qu'on ne roulera à l'huile de colza ou à la pisse, on sera condamné à banquer toujours plus ! Bordel 1,49 euros le litre de SP 95.

 

Je m'indigne qu'il n'y ai JAMAIS de gants dans le distributeur de gants des stations services. Au prix de l'essence franchement... Du coup, j'ai toujours les mains dégueu en prenant mon essence !

 

Je m'indigne contre la prolifération de dessins animés tout pourris à la télévision. Rendez-nous Princesse Sarah, merde ! Libérez les P'tits Malins, Albator, Goldorak et Cynthia (qui aime la gym).

Je veux revoir Candy faire la pouf devant Alister et Archibald et essayer de sauver l'orphelinat de Mlle Pony. La pauvre doit se retourner dans sa tombe en voyant Dora et son foutu singe chercher des heures l'arbre à cacao ou ce petit bon à rien de Franklin qui, quand même sait lacer ses chaussures !

 

Je m'indigne de ne pas trouver de Lipton Tea Day à Carrefour Market mais d'en trouver à Cora à plus de 4 euros la boîte ! Je fais comment moi avec mon petit salaire ? Et ne me dis pas que le Tea Day c'est du thé au lait, c'est pas vrai ! C'est bien plus chimique que ça ce petit goût de caramel... c'est pour ça que j'aime ça !

 

Je m'indigne qu'on défigure de magnifiques voitures pour y coller des artifices et collifichets inutiles. J'aime pas le tuning, voilà c'est dit. On me les donnerait à moi ces bagnoles (avec direction assistée, mon rêve), je ne rajouterais rien. Juste un porte-clefs choupi sur les clefs, pour pouvoir les trouver dans mon sac.

 

Je m'indigne de la disparition des Fresquito. Ces sucettes chimiques qu'on trempait dans une poudre chimique. Et que penser de la disparition des mini-cookies de Lu et des Nussini ?

Et, je dois vous le dire, même si j'hésite tant cette nouvelle va vous faire peur : il devient de plus en plus difficile de trouver des Z'animos et des Dinosaurus... Appeler Green Peace tout de suite...

 

Je m'indigne qu'il soit si difficile d'enfiler un fil de canette sur une machine à coudre ! C'est certainement un homme qui a inventé ce truc pour faire chier sa femme. Résultat, des milliers (non, je n'exagère pas !) de femmes s'arrachent les cheveux, carburent au Lexomil et se mettent à boire à cause de cette foutue canette !

 

Je m'indigne qu'en 2011, une femme ne puisse pas ôter son foetus de son ventre quelques minutes pour se reposer ou dormir sur le ventre et le remettre en place quand elle a fini ! Si ça vous choque, je vous rappelle qu'on peut envoyer des mails et prendre des photos via son Iphone, un machin tout plat de 10 cm de long ! Le progrès a ses priorités visiblement !

 

Je m'indigne qu'on ai pas encore inventé un miroir ergonomique pour s'épiler le fri-fri enceinte. Parce que, merde, tout le monde ne peut pas se payer l'esthéticienne ! et mon fri-fri je ne le vois plus. Evidemment, tout le monde s'en tape, je suis zindignée !

 

Je m'indigne qu'il n'existe pas de bouton "STOP" pour faire taire ma mère quand elle m'appelle ("moi je blablablabla moi je blablabla..."). Ah, on me dit dans l'oreillette que ce bouton s'appelle "décès". Bon, bah évidemment, si vous le prenez comme ça...

 

Je m'indigne que ma mère n'ai jamais eu de vergetures. Alors que des fois, elle n'était vraiment pas gentille avec moi. Par contre, sa voiture est encore plus pourrie que la mienne. Je suis moins indignée du coup.

 

Je m'indigne que les boulangeries d'Ile de France surveillent si peu la cuisson des chouquettes (ma viennoiserie préférée). Il y a de plus en plus de chouquettes avec le cul cramé, c'est une honte. Je préfère ne pas m'étendre sur la qualité des pains aux raisins, je ne voudrais pas que mes lectrices se suicident !

 

Je m'indigne encore contre les boulangeries qui vendent des canelés 1,50 euros pièce ! Faut pas déconner quand même ! M'en fout, dès que je récupère ma cuisine, je m'achète des moules à canelés !

 

Je m'indigne qu'il n'existe pas d'alternative aux protège-slips pour protéger sa culotte !  Parait que les protège-slip c'est pas bon, on fait comment alors ? Qui va s'occuper de ce problème ?? Ah, ça pour nous refiler des médocs qui tuent, y'a du monde, mais pour trouver des solutions pour les fri-fris...

 

Je m'indigne qu'on ne voit pas plus DSK à la télé. Je le trouve vraiment choupi et un peu coquinou...

 

Je m'indigne que des marques ne se battent pas pour m'offrir, à moi, Nanette (excusez du peu) un appareil photo bridge. Pourquoi à moi ? Parce que j'ai de très gros seins enfin ! Quelle question !

 

Je m'indigne que les biscuits au sésame coûtent si cher. Alors que j'ai l'impression qu'il n'y a que moi en France qui en mange. Pourquoi ne pas s'adapter à ma bourse ?

 

Je m'indigne qu'on ajoute des substances addictives aux Dragibus noirs. Sinon, comment expliquez-vous que tout le monde préfère les Dragibus noirs ? Cette affirmation est bien sûr valable pour les Dragibus Soft (vous savez, les gros).

 

Je m'indigne que de la flotte sale sorte de l'évacuation de mon évier quand je fais marcher ma machine à laver. Il y a un problème, mais lequel ?

 

Du coup, je m'indigne d'avance d'avoir à appeler le plombier. Et je m'indigne du montant de la facture, si l'on prend en compte que ce connard nous a facturé 110 euros pour changer un kit de chasse d'eau (on ne savait pas à l'époque qu'on pouvait le faire nous-mêmes...).

 

Je m'indigne que le chauffage ne marche pas un dimanche soir alors qu'il gèle dehors. Du coup, j'ai les seins qui bandent...

 

 

Si toi aussi, tu es révoltée en ce début de semaine, crie ton injustice ici, je suis là pour t'écouter ! Nanette présidente !

Je te laisse, je dois écrire à Sarkozy.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 08:00

 

Pompon.jpgLe pompon du marin et la bosse du bossu : les deux portent bonheur quand on les touche...

Et le ventre de la femme enceinte ? Il semblerait que ce soit le cas tant les gens, famille, amis ou simple connaissance aiment à le toucher.

Ce geste, la plupart du temps effectué sans la permission de la future maman, sans ma permission, m'insupporte. En temps normal, qui se permettrait de me toucher où que ce soit, femme ou homme, devant mon mari ? De me toucher le VENTRE, devant, sur le côté en demandant "fais voir si elle bouge ?" "oh c'est si beau ce ventre tout rond !" Les oeuvres d'art sont belles, les touchez-vous quand vous allez au musée (je suis une oeuvre d'art, celle de mon mari, c'est lui qui le dit) ?

Ça m'agace et ça agace mon mari. Difficile de dire non au milieu de la foule, de la famille, de nos amis. Ce ventre proéminant, je ne peux plus le "rétracter" comme je le faisais pour simuler des abdos (on ne rit pas !).

Ces poignets, ces doigts qui avancent vers nous, combien de fois ai-je voulu les arrêter ? Tous les prétextes sont bons : après le bonjour, avant le bonjour, pour dire bonjour au bébé, pour dire au revoir au bébé, pour toucher si "c'est dur", pour vérifier si "c'est mou", pour "voir" si elle bouge...

La femme enceinte cesse d'être une femme, elle devient un ventre, une entité nouvelle que l'on peut toucher en s'extasiant, telle une nouvelle bagnole toutes options.

 

Pourtant, j'aime ça qu'on me touche le ventre avec douceur. Qu'on l'embrasse, qu'on le caresse, qu'on y pose l'oreille...

Le matin, Monsieur Nanou ne part jamais sans m'embrasser et sans embrasser sa fille. Chaque fois, j'en tremble de bonheur. C'est tellement bien une grossesse à DEUX.

Le soir, le Haricot demande souvent si sa soeur dort et s'il peut la toucher (jamais si elle bouge, curieux non ?) et quand elle bouge, je l'appelle en vitesse. Il trouve ça "trop bien", "trop bizarre"... "C'est trop trop trop Maman ! Petite soeur, tu m'entends ?"

Ma petite famille. Les deux personnes que j'enlace tous les jours.

 

Mon propre enfant me demande la permission de mettre sa main sur mon ventre alors que depuis toujours, c'est contre mon sein qu'il aime être réconforté (et puis de toute façon, vu sa taille, les câlins c'est à hauteur de poitrine !).

 

Le Dr Turc, avant de poser son gel froid sur mon ventre, ou de mesurer la hauteur utérine avec son mètre de couturière, a toujours cette question "On y va Madame Nanette ?" ou "Je peux y aller ?" Je suis là pour ça, mais il me le demande.

 

Mon père, ma mère, ma soeur, personne ne se permettrait de le faire tant pour nous le corps est quelque chose de personnel. Nous n'avons nulle besoin de le verbaliser, nous le savons.

 

Quand on ne viole pas mon intimité (parce que oui, le ventre, même recouvert, c'est MON corps), quand on ne me demande pas à tout bout de champs "je peux toucher ??", il m'arrive de croiser un regard étonné, intrigué par cette nouvelle Nanette aux formes généreuses. Un regard attendri aussi parfois... Alors, ça me vient du coeur et je le dis "est-ce que tu veux sentir, elle donne un coup ?"

JE décide qui a le droit de me toucher.

 

A cette question, les femmes de mon groupe de préparation à la naissance m'ont répondu "ce ventre, c'est lui qui porte et donne la vie, ça attire les gens. Parfois, c'est machinal et il n'y pensent même pas !"

J'ai répondu, fière de mon bon mot : "Le pénis de mon mari, c'est aussi celui qui donne la vie non ? Pourtant, on ne lui met pas la main au paquet MACHINALEMENT ?"

 

Les grands esprits, ou plutôt les gros bidons se rencontrent... Allez lire le billet de MissBrownie, qui, elle aussi a envie de hurler "DON'T TOUCH !" (bordel !).  

 

 

 

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