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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:06

baby-geek.jpeg

 

Celle que l'on appelait la Fève, surnommée désormais la Petite Madame, parce qu'après tout c'est notre permière fille (et la seule d'ailleurs), progresse de jour en jour.

 

A 13 mois, elle n'a pas encore envie de marcher. Elle se met debout, fait le tour de la table basse, marche à quatre pattes. Son visage a changé avec l'arrivée des dents, elle a un petit sourire malicieux.

 

Ses cheveux blondissent de jour en jour. Elle a un casque de boucles dorées.

La Guadeloupe a légèrement doré sa peau, on devine que plus tard, elle bronzera très facilement. Ses yeux changent en fonction du temps : gris quand il fait gris, verts quand il y a du soleil.

 

Elle dit maman, papa, tétée. Elle sait souffler. Elle ne sait pas faire "les marionnettes" malgré les tentatives d'apprentissage de son grand-frère.

 

Elle est très très attirée par la télévision. Nous sommes vigilents, mais parfois, elle nous échappe et nous la retrouvons en train de regarder.

Elle reconnait le générique du SAV des émissions.

Elle reconnait les chansons préférées de son frère.

 

Un soir, pour la faire taire, son père lui a donné son portable. Elle s'est énervée dessus, s'est mise à pleurer. Que lui arrivait-il ?

Avec son index, elle tapait dessus rageusement... Impossible de la calmer.

 

Alors, j'ai mis une petite vidéo d'elle sur mon iPhone, pour la distraire un peu, je sais qu'elle aime se voir rire.

 

Elle m'a pris le téléphone des mains et avec son petit index, a fait défiler les photos de mon téléphone. C'était drôle et émouvant à la fois. Qui donc lui a appris à faire ça ? Elle nous a juste regarder faire.

 

Si elle s'énervait sur le téléphone de son père, c'est parce que justement, les photos ne "défilent" pas.

 

Graine de geek, notre Petite Madame !

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 08:00

W-e Beaune 062011 096Il pourrait se nourrir exclusivement de pommes de terre et de viande, mais, grâce à moi, il mange équilibré. D'ailleurs, il peut manger comme 10 sans prendre un seul gramme...

 

Il est bosseur. Très très bosseur. Enfin au travail surtout. Il ne compte pas ses heures pour faire vivre l'entreprise familialen transmise de génération en génération. D'ailleurs, il n'est pas très aimé à cause de ça : trop consciencieux, trop minutieux, trop marche ou crève. Il ne supporte pas les fainéants qui peuvent parfois l'entourer. Mais il n'en dit jamais rien. Ce n'est pas un sanguin comme moi.

Parfois, c'est lourd pour moi, pour nous. Mais je suis fière de lui. Mieux, je l'admire.

 

Il perd doucement, tout doucement ses cheveux et ça le mine je crois. Même s'il sait que même sans cheveu, je le trouverais toujours aussi beau.

 

Résolument sportswear quand on s'est rencontrés, il devient... plus coquet. Ses tee-shirts sont désormais plus près du corps, plus près de sa petite tablette de Galak dont je suis jalouse (mais que j'aime bien manger). Il est beau oui, mais il est aussi sexy très sexy.

En toute objectivité.

 

Il n'aime pas les conflits et se met rarement en colère. Par contre, qui le cherche le trouve...

Il est silencieux et timide comme je suis bavarde et sociable.

Il rougit facilement et quand il sourit, gêné, on dirait qu'il a 16 ans.

 

Il est bricoleur. Il sait répondre à chacune de mes envies subites de travaux, de meubles à monter, de peinture... D'abord il dit non. Puis, il cède. J'adore.

 

Un peu comme l'idée d'un troisième enfant. Un jour peut-être. D'abord c'était un non catégorique. Et puis maintenant, il y pense. Mais pas tout de suite.

 

C'est un beau-père attentionné et en constante remise en question. Chaque fois qu'il élève la voix, ou qu'il réprimande, ce qui n'arrive pas souvent, il a peur de perdre l'amour de son beau-fils.

C'est un jeune papa. Il découvre tout avec sa fille. Il avoue volontiers qu'il a pleinement pris conscience de ce petit être au moment où il l'a prise dans ses bras.

Aujourd'hui, alors qu'elle se met debout seule en se tenant aux meubles, il la regarde comme si elle avait escaladé une montagne. Je lui envie un peu toutes ces premières fois...

 

Aujourd'hui, il a 30 ans. Il ne sera pas avec nous pour fêter ce soir, on se rattrapera samedi. Il pourra souffler ses bougies en même temps que sa fille.

 

Bon anniversaire mon Amour.

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Mariage - 25 septembre 2010

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 09:47

liaison-fatale.jpgAvant, avec Monsieur Nanou, on avait plein d'amis. Qui se sont transformés en couples d'amis.

Nous avions quelques rituels certains samedis soir : une bonne pizza dans notre pizzéria fétiche, puis un bowling. Généralement, certains de nos hommes finissaient la soirée passablement éméchés, parfois nous aussi.

Le rosé, c'est traître. Hum.

 

2008, 2009, les mariages se sont succédés... Aujourd'hui, quand j'ouvre mon placard, je vois les robes que je portais, soigneusement choisies et souvent payées une fortune (je ne sors pas tous les jours, donc je veux toujours être bombissime aux mariages). Je repense à chaque couple, chaque cérémonie...

Tous les mariés sont devenus parents l'année suivante...

En 2010, nous avons fermé la marche en nous mariant le 25 septembre. Et nous avons eu un bébé dans la foulée.

 

Les fêtards du samedi soir me semblent loin. Bien sûr, j'ai eu des préoccupations et responsabilités d'adulte bien avant eux, mais une fois sur deux, en l'absence du Haricot, je redevenais une toute jeune femme qui venait trouver un mec super bien. Sérieux et qui levait le coude (cherry on the cake, non ?), qui faisait péter 3 strikes d'affilée au bowling, ne fumait pas, était rudement bien foutu et pouvait 8 whisky-coca sans être bourré (qu'il croyait).

J'ai conscience que le mythe de Monsieur Nanou s'effondre là, mais je vous rassure, il n'est pas alcoolique.

 

Dernièrement, mon Chéri m'a lâchement abandonnée avec les gosses pour aller à une soirée revival avec ses potes. Petite appréhension le vendredi soir en laissant partir mon troisième enfant (celui pour lequel on ne me verse aucune alloc, c'est balot !), pourvu qu'il ne prenne pas la bagnole s'il a trop bu.

 

Finalement, il est rentré très pompette (euphémisme) à 4h00 du matin, allumant sur son passage toutes les lumières de la maison.

 

- Je me couche, bonne nuit, je t'aime. Où sont les enfants ?

 

Complètement bourré, donc.

 

Le lendemain matin, Monsieur Nanou m'a avoué qu'un de ses amis avait une liaison. Marié, une famille... et une liaison avec une collègue de travail.

Avec elle semble-t-il, tout est nouveau. Et il aime moins sa femme. La routine, le quotidien qui les a rattrapé, les enfants... Sa femme qui est une maman, une femme d'intérieur et qui oublie d'être une épouse... La crise de la trentaine peut-être aussi ? Et cette fille, en couple également, vaguement malheureuse. Leurs deux coeurs de trentenaires qui se trouvent et fricottent clandestinement.

 

Monsieur Nanou ne l'a pas jugé, même si c'est un homme "à principes", ne résistant cependant pas à l'envie de glisser un "tu as une belle famille, ne gâche pas tout ça ma couille"

Il s'est contenté de lui dire qu'il était là, quelque soient les suites données à cette histoire.

 

Moi, pour la première fois j'ai eu peur. Peur pour mon couple. Jamais, en six ans, je n'ai eu peur de perdre mon mari. En 2009, nous avons rencontré une crise assez terrible, mais je sais qu'à ce moment-là, il n'a pas cessé de m'aimer une seule minute.

Mais cet homme à principes, comment me regarde-t-il ? Comme SA femme, la mère de son enfant, mais et l'amour dans tout ça ? Est-ce qu'il y en a encore ?

 

Je sais très bien que nous sommes "grands" maintenant. On a un appart', des voitures, des gosses, on paie des impôts, on essaie de bosser, on rêve d'une maison.... Nous sommes adultes.

Pourtant, les divorces, les séparations, les adultères, je pensais tout ça très loin de nous. Ca ne pouvait pas nous toucher, c'était l'affaire de nos parents, pas de nos amis. Nos amis s'aiment, puisque nous les avons vus se marier, non ?

Trois à quatre ans à peine qu'ils se sont dit "oui"...

 

Depuis ce matin-là, j'y pense un peu trop souvent. On fait comment pour préserver ce fragile équilibre ?

On fait comment pour verrouiller le coeur de son conjoint, l'empêcher de tomber amoureux d'une autre ? La journée d'une femme ou d'un homme est déjà tellement remplie de questions, de tâches à accomplir, est-ce que réellement, je trouve, nous trouvons le temps de penser à notre couple ?

 

- Arrête de cogiter, je t'aime tu le sais, non ?

 

Bien sûr que je le sais. Mais est-ce que c'est pour la vie ? J'ai envie de croire que oui...

 

 

EDIT : J'ai HORREUR de me justifier, mais visiblement il le faut. Je ne fais pas l'apologie de l'adultère. Il est notre ami, les amis font des conneries et ont besoin de leurs amis. C'est tout.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 09:05

cri.jpgA l'heure où j'écris ces mots, la police et le RAID sont en train d'interpeller le présumé coupable de Toulouse.

Pourvu qu'il le prenne vivant et qu'il réponde de ses crimes devant la Justice. M'enfin, c'est mal barré...

 

Hier, mon fils de 12 ans a observé la minute de silence avec sa classe. Le matin, l'ensemble des profs a laissé les élèves dans la cour, afin de se mettre d'accord sur le discours à avoir, afin qu'il ne soit ni anxiogène, ni trop angoissant pour les jeunes.

 

A Banlieue sur Orge, le maire a demandé à ce que la minute ne soit pas observée par les classes les plus jeunes. Les parents avaient dès lundi soir un mot sur le carnet de correspondance, informant les parents de la directives du Président et leur laissant le choix.

Je me félicite d'avoir un maire ayant un peu de jugeotte. Il a également laissé libre, les instits et professeurs d'appliquer la directive.

 

Dans la classe du Haricot, sa prof a choisi d'observer la minute de silence, ajoutant qu'il fallait également penser aux enfants belges décédés récemment.

Avec beaucoup de précaution, elle leur a expliqué les choses, leur disant que ce drame touchait particulièrement notre pays mais que partout dans le monde, beaucoup d'injustices coûtaient la vie à des enfants (je précise qu'ils étudient les guerres en sixième, enfin certaines).

 

Tout plein de précautions, donc. Et pourtant.

 

Hier soir, j'ai emmené le Haricot chez l'orthodontiste, puis je l'ai laissé allé à sa séance d'athlétisme. Comme tous les mardis et jeudis soirs, il est rentré seul, le stade à est à quelques centaines de mètres de chez nous.

Comme d'habitude, il était fatigué et lessivé.

A table, il semblait préoccupé :

 

- Tu sais le gardien du stade, je le trouve bizarre. Il reste debout tout le temps sans bouger. Il a un gros chien en plus... Quand je suis rentré, il marchait derrière moi, j'ai eu peur. Tu veux pas venir me chercher ?

 

Et voilà. La peur insidieusement est entrée chez nous. Et tu sais quoi ? Au lieu de relativiser, j'ai dit oui. Et je me suis retenue de ne pas lui proposer de venir le chercher tous les jours au collège.

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 09:30

college-2.0.jpgDepuis que le Haricot est entré au collège, je découvre un nouveau monde, un nouveau collège. Complètement différent de celui que j'ai quitté en... 1997. Argh. Non mais 1997 quoi.

 

En 1997, il m'arrivait de sécher les cours en fin d'année pour aller réviser le brevet chez Dino, mon amoureux italien de l'époque (cheveux longs, lunettes, embonpoint et qui embrassait divinement... soupir). J'évitais alors soigneusement de montrer mon fameux carnet de correspondance en priant pour que le "CPE" ne me réclame pas de billet d'absence.

Même combat pour mes retards du matin, peu fréquents et souvent dûs à des tentatives malheureuses de traits d'eye-liner ratés ("paske tu tires pas ta paupière", me disait ma soeur) et surtout cachés à ma mère.

 

Je plains un peu la génération de mon fils, même si clairement je suis bien contente de garder tout le temps un oeil sur lui même à distance et de pouvoir pallier à l'oubli des devoirs. Je n'imagine même pas comment il va pouvoir sécher les cours le pauvre. (rire sadique)

 

A la première réunion de parents, le ton était donné : nous sommes à l'ère du numérique, de l'internet. Autant s'en servir pour communiquer. Genre tu peux envoyer des mails au prof de maths, juste comme ça.

 

Pour ne pas nous effrayer, ils ont conservé le carnet de correspondance. Pour communiquer avec nous. On communique tellement qu'à force de coller des mots dans ce carnet, il n'y a déjà plus de place. Une demi-page pour le fameux mot annuel : LES POUX SONT DE RETOUR !

 

Mais, il y a aussi un truc formidable qui s'appelle Pronote dans notre département (et dans d'autres d'après mes recherches, mais ça peut porter un autre nom). Pronote, c'est un peu l'oeil de Moscou des parents.

 

Avec Pronote, tu peux TOUT savoir. Les devoirs à faire, l'emploi du temps du lendemain, de la semaine d'après, l'évolution des notes sur le trimestre et l'année. Les absences, les retards, les punitions, les thèmes vus en classe : c'est le reflet exact de ce qui se passe au collège (les filles, les gros mots et la récré en moins).

Même que tu peux carrément installer Pronote sur ton Iphone. Si, si, c'est vrai. Genre, si ton gamin a "oublié" de noter les devoirs du week-end, y'a tout sur Pronote.

 

Alors, certains trouveront cet outil un peu intrusif. Personnellement, j'adore. Il me permet, tout doucement (parce que faut pas le bousculer le loustic !), de rendre le Haricot plus autonome. C'est un élève très doué, mais pas du tout consciencieux, très tête en l'air (comme sa mère, hum), et parfois brouillon et peu soigneux. Il "oublie" souvent de noter les devoirs, ou n'en note que la moitié.

Il y a du mieux, l'an dernier, il mentait, ne notait pas ses devoirs pour ne pas avoir à les faire. A ce moment-là, j'aurais bien eu besoin de Pronote, parce que j'ai mis des mois à m'en rendre compte.

Mon fils est un modèle de politesse, de vivacité... et de filouteries ! Je crois que je l'aime comme ça.

 

Pronote nous sert aussi à "planifier", anticiper. Et à prouver, démontrer au Haricot la pertinence de commencer à réviser le lundi, un contrôle prévu pour le mercredi ou de commencer au brouillon son devoir de maths pour que sa copie à rendre soit bien propre.

 

Nous n'en sommes pas encore au stade de la confiance totale et aveugle en l'organisation de notre garçon donc ce système nous aide bien. Et me rassure en tant que mère poule légèrement surprotectrice.

Et enfin, je crois jamais je ne cesserai "d'être derrirère lui" comme le dit sa prof de français. C'est mon enfant, je me dois de lui donner toutes les cartes en main, toute l'aide possible dans sa scolarité.

J'ai eu la chance d'avoir une maman de substitution, ma soeur, pour vérifier, corriger, apprendre, transmettre, je veux faire la même chose avec mes enfants.

 

Alors, je ne vous cache pas que le soir, ça râle un peu du côté de la chambre des enfants. Je crois que le Haricot maudit les inventeurs de Pronote sur quatre générations. Mais il admet volontiers que l'on se sent bien mieux quand on est sûr d'avoir fait tous ses devoirs en temps et en heure !

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 10:46

Si vous avez manqué le début... Il y a deux ans, je relatais sur ce blog la naissance de mon Haricot.

La naissance du Haricot (1)

La naissance du Haricot (2)

 

Petite crevette chétive et calme né d'une jeune fille à peine femme, déconcertée, déboussolée, un peu triste mais pourtant heureuse...

 

Mon enfant, mon premier né tu as 12 ans déjà. Je fête avec toi mes douze ans de maternité, alors que je n'ai pas encore trente ans. Je me sens très vieille et très jeune à la fois.

J'ai l'impression que durant ces douze années, nous avons grandi ensemble et que j'ai été la plus lente.

 

Mon grand bébé, tu as essuyé les plâtres je crois. J'ai fait quelques erreurs avec toi, je me suis un peu laisser faire et un peu influencer par le regard des autres toujours si pesant sur moi. Et puis, j'ai grandi, tu m'as fait grandir.

En t'apprenant à t'affirmer à l'école, j'ai appris à m'affirmer moi aussi pour te donner l'exemple.

 

Et nous avons trouvé notre équilibre pendant 6 belles années rien que tous les deux. Cette complicité mère-fils, personne ne peut nous l'enlever, pas même ta crise d'adolescence naissante.

Pendant 6 ans, j'ai tenu bon grâce à toi. Malgré les galères d'argent, malgré la solitude.

Nous nous sommes bien battus tous les deux, faisant de chaque petit rien de la vie une grande victoire : ce jour fantastique où on nous a livré notre électroménager et nos meubles.

"On a gagné Maman, on a gagné !" Tu ne cessais de me le répéter. C'est vrai, nous avions gagné ce jour-là. Le bonheur, pour nous, ressemblait à un frigo et une machine à laver que j'avais eu tant de mal à payer.

 

Et tu as grandi, vite, très vite.

 

Je me rends compte que je suis parfois très, trop exigeante avec toi parce que tu sais faire tant de choses. Tu es tellement autonome.

Exigeante, je le suis aussi pour ta scolarité. Et si parfois, ça te fait bouder, tu es toujours content et fier de me montrer tes bonnes notes.

- T'avais raison Maman... Ça valait la peine de tout bien détailler. J'ai eu 19 !

J'essaie de t'apprendre la rigueur, la constance, le sérieux parce que je sais que tu es comme moi : un grand rêveur et surtout un très très grand bavard. Il t'en faut peu pour te déconcentrer ! Mais tu es toujours depuis 12 ans, un excellent élève, amoureux des mots, de l'Histoire et de la lecture.

Je sais à quel point mon regard, mon avis, sont importants pour toi alors j'essaie de trouver le juste milieu dans mes encouragements. Je ne veux pas que tu penses que je t'aimerais moins si tu étais un mauvais élève. Mais, dans mon coeur, tes bons résultats me gonflent de fierté.

 

Je voudrais aussi te dire que pour moi, élever un ado est une aventure nouvelle. Je ne sais pas le faire. Tout était simple quand il s'agissait de changer une couche, de te bercer pour t'endormir, de calmer tes poussées dentaires. Tu étais un bébé si facile. Aujourd'hui, j'avance en aveugle. Je ne sais pas quel espace de liberté te donner, je ne sais pas où doit s'arrêter mon côté inquisiteur.

Est-ce qu'il faut te laisser aller chez un ami sans savoir connaître ses parents ? Est-ce qu'il faut te laisser à la bibliothèque tout seul ? Est-ce qu'à ton âge tu as réellement besoin d'un portable ?

Est-ce encore vraiment indispensable de limiter ton temps de télévision ? Est-ce que je ne devrais pas lâcher la bride au niveau des consoles de jeux ?

 

J'improvise un peu. Dans ton éducation, se mêlent les principes que l'ont m'a inculqués, mon côté mère-poule éternellement protectrice et un peu de sévérité (parce que quand même des fois, t'es chiant...). Alors parfois, je fais des boulettes. Et Monsieur Nanou aussi. Et parfois tu vas te coucher contrarié et boudeur.

 

Et dans l'intimité de notre chambre, nous nous demandons toujours si nous avons été justes envers toi. Si ces parents excédés que nous avons été l'espace d'une soirée n'étaient pas tout simplement fatigués. Et quand nous agissons mal, nous le reconnaissons. C'est important pour nous que tu saches que nous savons reconnaître nos torts.

 

Je te remercie mon grand garçon d'avoir été pour moi le meilleur des fils. De m'émerveiller tous les jours par ton humour, tes réflexions parfois tellement pertinentes qu'elles me laissent sans voix... Et ton amour, ta si grande sensibilité.

Quand ta tante Nanny a perdu son mari, ta tristesse m'a tellement émue... Tous les soirs, tu nous as demandé des nouvelles, tous les jours tu as pensé à ton petit cousin qui n'avait plus de papa... Tu as accepté pendant quelque temps que nous ayons moins de temps à t'accorder. Tu as tout compris.

 

Depuis presque un an, tu es un grand frère patient et attentionné. Tu as une place unique dans la vie et le coeur de ta soeur. Elle sourit chaque fois qu'elle te voit et te cherche partout quand tu fais tes devoirs.

Quand elle se tord d'énervement dans mes bras, je t'appelle parfois à la rescousse, parce que je sais qu'un sourire de toi suffit à la calmer. Depuis, peu, elle pleure quand tu t'en vas et tu essuies toi aussi une petite larme au moment de partir chez ton père.

 

Suis-je bien objective en te disant aussi que tu es beau ? Tu es magnifique. Quand je te regarde, je peux voir le beau garçon métisse que tu seras dans quelques années. Tu seras grand comme ton papa.

Les filles commencent à t'intéresser un peu. Je ne te questionne jamais, mais j'aime quand tu te confies à moi. Tes secrets, je les garde et ne les raconte à personne, pas même sur ces pages.

 

Tu as douze ans aujourd'hui et tu restes pourtant mon tout petit, même si tu m'arrives au menton.

Pas un matin sans que tu viennes m'embrasser avant de partir au collège.

Pas une soirée sans que je vienne t'embrasser dans ton lit.

Pas une fête des mères sans mon petit cadeau, mon petit poème. Pas une semaine sans un petit dessin, un petit mot sur la porte.

 

Je te souhaite un très beau douzième anniversaire mon grand.100 1574

Vacances - Gard 2011

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 00:00

Hier, j'ai embarqué mes enfants dans ma fidèle 106 et nous sommes allés récupérer nos courses chez Chronodrive. C'était la première fois donc le Haricot et moi étions surexcités. Oui, il nous en faut peu.

Les courses, on adore ça mais là, on avait une grosse flemme. Et puis on devait regarder nos DVD de Retour vers le Futur, donc bon. Une bonne occasion de tester Chronodrive (trop bien, trop rapide, trop chouette).

 

On aime bien faire le trajet jusque là-bas, il y a des champs des deux côtés de la route. On ne croirait pas que Paris est à 30 minutes... C'est beau.

Le Haricot fait rire sa soeur dans le siège auto, je regarde furtivement dans le rétroviseur s'il est bien attaché. J'ai mes enfants dans ma voiture, on rit et on chante. On va remplir le frigo. La vie est belle.

 

- Tiens Maman, regarde, un faisan !!

 

- Ah oui ! Dis donc, il est beau, regarde sa queue !!

 

- Oh regarde, y'a des dames sur le bord de la route. Qu'est-ce qu'elles font ? Elles sont toutes maquillées. C'est moche, on dirait des clowns !

 

- (...)

 

 

Les dames sont assises dans le froid (14°C mais tout de même). Elles sont deux. Elles ont même des chaises, des magazines et une petite glacière.

Elles n'ont pas vraiment d'âge et sont très mal maquillées. Elles rigolent et discutent.

 

Devant nous, la circulation ralentit. Et merde. Nous sommes arrêtés devant elles.

 

- Elles doivent avoir froid. Elles ont pas de gilet !

 

J'observe mon fils du coin de l'oeil. Un sourire se dessine sur son visage. Oh mon Dieu ! IL SOURIT !!! Il a COMPRIS !!

Je réfléchis à toute vitesse. Je fais quoi ? Je dis quoi ? C'est un bébé, il a 11 ans. Bon, ok, dans 10 jours il en aura 12.

 

- Bon Titi, t'es grand. Et puis, me prends pas pour une idiote. Tu sais ce qu'elles font là, non ?

 

- Oui, je crois. Enfin, j'suis sûr !

 

- T'as des questions ? (non, non, non, non !!!)

 

- Ouais, j'en ai plein ! Pourquoi elles font ça ? Elles ont pas de parents ? Mais c'est trop bizarre quand même, même si on les paye ! Et elles vivent où ??

 

J'ai répondu comme je pouvais, sans mentir.

 

- Faut les appeler comment Maman ? On dit pas... heu... p**** ?

 

- Non, on le dit pas.

 

- On dit quoi alors ?

 

- Prostituées. Mais bon, nous on dira drôles de dames, ça te va ?

 

- Ca me va !

 

En vrai, je me doute bien qu'au collège ils disent "pute", je suis pas idiote.

 

Mais bon, dans dix jours il aura 12 ans. Laissez-moi le traiter un peu comme un bébé...

 

Julia-Roberts-and-Laura-San-Giacomo-in-Pretty-Woman--1990-.jpg

Julia Roberts et Laura San Giacomo - Pretty Woman

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 09:42

- Je sais pas ce qu'elle a, elle arrête pas de chouiner, pourtant je la berce. Chérie, je crois qu'elle veut téter...

 

- Non, elle vient de boire.

 

- Elle pleure, j'ai vraiment l'impression qu'elle a faim... (souffle agacé)

 

- Non. Y'a sans doute une raison, mais c'est pas ça. Et puis elle a le droit de pleurer hein. De fatigue, d'énervement ou alors ses dents...

 

- (souffle agacé, bis) Ben écoute, pour moi ce sont des pleurs de faim mais bon, si MAMAN le dit alors...

 

- Question : Tu penses qu'elle veut téter parce qu'elle pleure et que tu n'arrives pas à la calmer ou tu penses VRAIMENT que c'est de la faim ?

 

Déjà 10 mois pour la Fève, 10 mois d'allaitement dans la joie et la bonne humeur. J'ai de la chance, j'ai eu mal pendant 3 jours au début, puis plus rien. Depuis, j'ai de très gros seins, beaucoup de lait et une petite toute potelée et en pleine forme (à en juger par les cris stridents qu'elle pousse depuis une heure - sauvez-moi !).

 

Notre bilan-allaitement est plus que positif quand on fait le calcul des boîtes de lait économisées (parce qu'on a un budget serré assez siuvent et du système immunitaire hors norme de ma fille. Genre, elle n'a JAMAIS été malade. Pas même un malheureux petit rhume. Attention, je dis pas que c'est une recette miracle, parce qu'à mon avis, il n'y a pas que ça : elle n'est pas en collectivité, ne va pas chez la nounou et a un père, alias mon mari, qui est malade une fois tous les 5 ans (mais alors, quand il l'est c'est quelque chose).

 

En bref, l'allaitement c'est cool chez nous, ça roule quoi.

 

Enfin presque.

 

C'est pas tout rose non plus. Mon mari, l'allaitement, il kiffe tellement (enfin je veux dire qu'il kiffe l'effet "calmant" du sein) que le moindre pet de travers de sa fille qu'il n'arrive pas à régler se solde par l'inévitable "Chérie, je crois qu'elle veut téter !"

Ça arrive souvent quand je prépare le dîner vers 18-19h00, les rares fois où il rentre avant 18 heures. Il se pointe derrière moi, notre fille rugissante dans les bras :

 

- Elle veut téter là, elle veut téter !!! Ffffffffffff - soufflement agacé (bis)

 

Et là, je balance mon argument à 10 000 dollars :

 

- Ok, je la prends... Tu finis de préparer le repas ?

 

- Oh bah peut-être qu'en la promenant un peu... je vais pouvoir la calmer...

 

Hé hé hé. Je suis diabolique .

 

baby-robin-061209-lg.jpg

Elle veut téter là, non ?

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 08:00

nurse-jackie-season-1.jpgDans une vie antérieure, j'ai dû être médecin. Ou infirmière. Ou les deux.

 

Je ne me sens jamais mal l'aise à l'hôpital, je dirais même que je m'y sens plutôt bien. J'aime l'ambiance, le personnel qui va et vient, aimable ou non.

J'aime le jargon médical et la manière maladroite qu'ont les médecins de nous le traduire.

 

Mais, tu le sais déjà, je ne suis médecin, ni infirmière.

 

 

Alors je me venge comme je peux de ce destin cruel qui n'a pas fait de moi une Docteur Quinn.

Et c'est là qu'il faut saluer, la patience, la générosité, le COURAGE de mon mari bien-aimé.

Il est mon patient au quotidien.

 

Je ne sais pas pourquoi, j'aime bien le papouiller et soigner tous ces ptits bobos de manière souvent très... personnelle.

 

- Dis donc, c'est quoi ça ? Ce s'rait pas un point noir des fois ?

- ... ... ...

- Allez viens là, je vais le faire SORTIR !!!

 

- Tu t'es foulé la cheville au tennis ? Hiiiiiiii, attends, je te mets de la crème et je te mets un bandage !!

- Mais tu me fais toujours mal quand tu me masses la cheville...

- Pffff, chochotte, viens là !!!

 

Son comportement et ses réactions face aux bons soins que je lui prodigue sont parfois bien ingrates. On croirait que je le torture...

 

- Mais on dirait que t'aime bien soigner tous les trucs qui font mal...

- Mais oui. C'est mon rôle. Ce s'rait pas une ampoule que je vois sous ton pied ?

 

Alors, il ruse, ce sale ingrat. Tiens, par exemple, figure-toi qu'il m'a caché pendant QUINZE jours qu'il avait une écharde de la taille d'un barreau de chaise dans la main !

C'est compter sans ma vigilance et mon oeil de lynx.

 

- Aïe, c'est quoi ce truc qui pique, t'a un bouton dans la main ?

- Non, non c'est rien....

- FAIS VOIR ! ... ... Une écharde ? Bouge pas, je vais chercher la PINCE A EPILER. Et... UNE AIGUILLE, au cas où !!!

 

A chaque fois il fait sa tête de Caliméro. Comme si je lui faisais mal. N'importe quoi.

 

Certains ne connaissent pas leur chance.

 

misery-1.jpg

Je vais bien finir par me faire obéir...

(photo : Misery)

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 08:30

Frère et soeurDepuis la toute première minute, le Haricot adore sa soeur. Depuis, ce jeudi d'avril où la directrice de son école primaire lui a annoncé la naissance de sa soeur et qu'il a dû sortir de la classe pour évacuer l'émotion qui lui montait à la gorge et aux yeux.

 

A la maternité, il était le premier à se laver les mains avant de toucher le bébé. Le moindre petit cri qu'elle poussait le laissait sans voix.

Et puis nous sommes rentrés à la maison. Une fois que mon post-partum compliqué est passé, j'ai laissé plus de place à mon fils en tant que grand frère.

Et je dois dire qu'à bientôt 12 ans, il excelle dans ce rôle.

 

Moi qui ai encore beaucoup de mal à laisser ma fille à qui ce soit en dehors de notre cercle familial (hormis Belle-Maman qui vient la garder l'après-midi parfois... mais à la maison !), le soir, je la laisse à son frère les yeux fermés.

Excès de confiance ? Je ne sais pas. Toujours est-il que cette petite fille qui, une fois passé 18 heures devient une vraie terreur, est capable de rester trois heures d'affilée dans le lit de son frère à rire et jouer avec lui. Il n'est jamais impatient, jamais stressé avec elle, ça aide.

 

Il n'aime pas entendre sa soeur pleurer. Nous non plus bien sûr, mais si j'ai les mains sales, si je suis aux toilettes, je suis bien obligée de la laisser chouiner un peu. Super Haricot vole alors à sa rescousse avec un "ooooh ma Crevette..."

Il va la chercher dans son lit et les yeux du bébé s'illuminent, elle gigote et pousse de petits cris de joie.

 

Comme moi, le Haricot aime prendre son bain avec sa soeur, avouant, je cite, qu'"il faut en profiter, quand elle va grandir on pourra plus !"

 

Il pratique le cododo, le samedi après-midi de préférence après deux BD de Picsou. "Chut, elle s'est endormie. Je vais faire la sieste aussi !"

Et ils dorment trois heures, l'un contre l'autre. Au réveil, il aime partager avec nous ses théories sur le sommeil, comme si nous, parents, avions tout à apprendre :

 

- En fait, elle dort bien mieux si elle a quelqu'un contre elle. Elle aime bien ça. Je crois qu'elle n'aime pas trop son lit... C'est pour ça qu'elle veut être avec toi la nuit, Maman. (tu m'étonnes !)

 

Le Haricot a voulu tout savoir sur l'allaitement. Je l'ai donc laissé lire mon Marie Thirion. Il aime regarder sa soeur téter et trouve ça "animal" et parfois "bizarre".

On a franchi un cap. Avant il trouvait ça "un peu dégueu quand même, mais bien pratique".

Parfois, quand il est de bonne humeur (= quand il a eu un 18 en math), il se cale au creux de mon bras et on se fait un petit câlin qui me fait fondre...

 

Je vous rassure, c'est un pré-ado, donc parfois, il en a un peu marre aussi. Notamment quand sa si jolie et mignonne petite soeur a malencontreusement mangé un coin de la copie-double de son devoir de mathématiques. Elle n'était plus si mignonne du coup.

 

- Tu la prends parce que là je vais devoir TOUT refaire !! Ça m'énerve ! (que faisait ce devoir de math sur son lit au lieu d'être sur le bureau ? mystère....) Elle rigole en plus !! Non mais j'en marre hein !!

 

Mais il lui pardonne toujours. Même quand elle détruit une de ses BD. Même quand elle bave sur sa console portable.

 

L'amour fraternel que ça s'appelle je crois...

frere-et-soeur.jpg

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