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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 08:00

Première sortieJ'aurais bien des choses à dire sur notre séjour à la maternité, du bien et du moins bien. Mais globalement, j'en suis contente et je ne l'aurais pas voulu plus court. J'avais besoin de ce petit temps pour récupérer et surtout récupérer une tension plus basse (c'est pas gagné).

 

Il y a tout de même deux jours où j'ai un peu perdu pied. J'avais un bébé magnifique dans les bras mais je rencontrai des difficultés pour la nourrir au sein. Je savais que les débuts de l'allaitement allaient être difficiles, mais je pensais à la montée de lait uniquement. C'est le seul moment qui m'a paru dur quand j'ai allaité le Haricot.

Ce à quoi je ne m'attendais pas et qui n'était pas arrivé quand j'ai eu mon fils il y a 11 ans, c'est que le précieux colostrum, merveille de technologie bio d'une jolie couleur orangée, ne rassasie pas du tout ma fille.

A partir du deuxième soir, elle s'est mise à crier de faim après la tétée. Impossible de la crier, d'abord parce que je suis contre, ensuite parce que nous étions deux dans la chambre. J'avais un peu cette petite pression de devoir calmer mon bébé vite fait sous peine de réveiller la petite fille qui dormait à côté d'elle.

 

Très vite, il est devenu évident que ma toute petite pleurait de faim. Alors je la mettais au sein. Encore. Et encore. Et encore. En regardant notre voisine avaler goulûment son bib puis s'endormir comme une masse, j'avais un peu les boules.

Le personnel médical ? Adorable et plein de sollicitude mais avec une seule réponse à me fournir : elle a faim ? donnez un biberon de complément ! Ce n'est pas que je ne voulais pas, c'est que je savais pertinemment que ça ne changerait rien à mon problème si ce n'est risquer la confusion dans la tête de mon bébé. Et puis... je ne voulais pas !

Mon mari ? Pour mon primipare adoré, la parole des puéricultrices était parole d'évangile et puis c'est un homme très terre à terre. Elle a faim, donnons-lui à manger.

 

Alors qu'est-ce que j'ai fait ? Comme beaucoup de mamans, je me suis sentie noyée dans un verre d'eau... Mon bébé sur un bras, de l'autre main, je feuilletais désespérément "L'allaitement" de Marie Thirion (excellent bouquin) en cherchant une solution désespérément...

 

Et puis j'ai envoyé un SMS à la Fée du Lait. Pourquoi elle ? On pourrait croire que c'est parce qu'elle a quatre enfants, qu'elle a allaité quatre fois... En fait non, c'est venu comme une évidence. En berçant ma petite brailleuse dans la couverture qu'elle a tricotée de ses mains, j'ai eu envie qu'elle sache que ça allait moyen au niveau du coeur, de la tête et du nibard.

 

Et la Fée du Lait m'a rappelée. Sa voix a été apaisante, pleine de vie et d'enthousiasme. Avec ce petit quelque chose de solide et sûr de soi qui te donne envie de craquer et de laisser aller tes larmes. Elle m'a rassurée et réconfortée. Parce que même si toi, jeune accouchée, tu sais très bien, comme moi que tout ça n'est que passager, ça fait un bien fou de l'entendre. Fragilisée par l'accouchement, fatiguée par les nuits morcelées, les réveils à 6h00 du matin et les visites, on a besoin d'entendre que ces quelques jours difficiles ont une fin.

La Fée du Lait, m'a confié qu'à chaque fois, malgré l'expérience, elle a été confrontée aux mêmes incertitudes que moi. Qu'il est normal d'être déconcertée par ce petit être affamé qui tète tout ce qu'il peut, jamais rassasié... De se sentir impuissante à satisfaire ce simple besoin d'être nourri, impuissante aussi face aux pleurs incessants...

Quelques mots, quelques conseils techniques ("la montée, c'est dans 3-4 heures", nous a dit la Fée, et était vrai !) pour bien lancer la crèmerie et la petite princesse et moi avons trouvé notre rythme de croisière et de tétée.

 

La naissance de ma fille aura été ue aventure très féminine avec Elisabeth l'aide-soignante et sa marche miracle, Cécile la sage-femme si douce, Claris l'auxiliaire puéricultrice toujours de bon conseil. et le Fée du Lait qu'on appelle aussi la Grenouille. Merci à toi.

Parce que ces quelques mots échangés au téléphone m'ont aidée à passer le cap bien mieux que tous les bouquins du monde.

 

Je vous souhaite à toutes d'avoir votre Fée du Lait si vous en avez besoin. En espérant qu'elle soit aussi adorable que Béatrice.

 

 

P.S : Aujourd'hui l'allaitement "roule" et j'y prends vraiment plaisir. Ma fille aussi à en juger par la fréquence des tétées !

 

 

Photo : Première sortie de la Fève, emmitouflée dans sa jolie couverture

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 13:08

Souviens-toi, dans l'épisode précédent, je passai une salle nuit ponctué de bip bip alarmants dûs à une tension trop élevée malgré un traitement en urgence...

 

 

La Fève5h00

J'ai mal dormi, très mal. Et j'ai faim. Une sage-femme vient relever les tensions prises durant la nuit, elle fait les gros yeux. J'ai oscillé entre 15/9 et 17/9. Elle me demande de me calmer, de me détendre.

Elle m'annonce que le Dr Turc veut, je cite, "sortir le bébé", qui visiblement (enfin, selon le monito) a un peu de mal à encaisser les contractions que je ne sens toujours pas. Son rythme est bon, mais elle ne tient pas une forme olympique ma fille. Je lui parle pendant des heures, je commente une série, je lui demande de se faire belle surtout. Il faut au moins que l'une de nous deux le soit. Parce que moi, je suis bouffie, mal peignée avec une mine de grande malade.

 

8h00-8h30

On apporte le petit déjeuner. J'ai envie de crêpe au nutella. Sur le plateau, il y a un petit pain, une petite confiture, une portion de beurre, une boisson chaude et un yaourt. Je peux me brosser pour les crêpes. Je peux me brosser pour le ptit dèj aussi d'ailleurs. Parce qu'on m'informe gentiment que le ptit dèj c'est pour ma voisine ! Pas encore d'instructions pour moi. On vient m'annoncer qu'on va me poser le fameux Propess, on me demande si je suis d'accord. Je réponds que oui, ce que je ne veux pas, c'est la perf d'ocytocine qui selon une légende urbaine de mon cerveau donne des contractions super violentes. La sage-femme m'annonce aussi que c'est une pro du Propess qui va me le poser. "Avec elle, les Propess sont toujours efficaces !" Elle m'explique très précisément le principe de ce truc.

Ce tampon tout petit et tout plat gorgé de prostaglandines, va faire mûrir mon col et accélérer le travail, qui dure mollement depuis cette nuit.

Après la pose et un temps de repos allongé de 30 minutes, le Propess est sensé agir en 12 à 24 heures. Et ça ne marche pas chez toutes les patientes. Et blablabla. 12 à 24 heures. Et mon cul c'est du poulet.

 

9h00

Une nouvelle sage-femme au visage fermé vient me poser le tampon. J'en ai marre des doigts. Je ne les compte plus depuis hier. J'ai peur de cette femme. Elle est méchante, ça se voit à son visage. Je fais du délit de sale gueule, j'ai honte.

Je dois me détendre, mettre mes poings sous mes fesses... et souffrir. Ça fait un mal de chien, je chouine un peu. Cette femme veut que le Propess me sorte par la gorge ou bien ? A la fin, je regarde ses gants, ils sont plein de sang. Je me mets à pleurer. Je veux mon mari.

 

9h10

Monsieur Nanou arrive. Il me prend dans ses bras sans rien dire, il sait ce qui vient de se passer, je l'ai appelé avant.

Nous attendons patiemment que j'ai le droit de me lever. Une gentille aide-soignante, Elisabeth, vient nous saluer. Elle est douce et adorable. Je ne l'oublierai jamais. Surtout pas ce conseil : "Si vous voulez que ça s'active : MARCHEZ ! Je connais un autre moyen mais ici, c'est pas possible !" Avec un gros clin d'oeil... Elle a mon humour, un humour fri-fri... c'est un signe ! C'est décidé, nous irons marcher. De toute façon, en 12 heures, on peut en faire des balades !

 

9h30-10h00

Nous marchons. Après avoir parcouru les deux étages de la maternité, on visite les autres étages. Parfois, je m'arrête de marcher pour m'accrocher à mon mari. J'ai mal, c'est venu d'un coup.

Monsieur Nanou scrute sa montre. Incroyable : contractions toutes les 5 minutes. Je n'y crois pas, c'est sûrement mon col qui s'ouvre. Et comme il saigne un peu...

 

10h10-10h30

Je crois que c'est à ce moment-là que j'envoie mes derniers SMS. Je tiens régulièrement informées les Follasses et ma soeur Nanny. J'écoute son dernier message : "Je voulais te dire que j'étais contente de t'avoir comme soeur, j'ai tellement peur pour toi..." Je la rappelle et lui dis en rigolant que je ne vais pas mourir tout de suite ! Je raccroche vite, j'ai vraiment très très mal. Monsieur Nanou insiste pour que je retourne dans ma chambre. On vient m'examiner, je suis toujours à 2 cm.

 

10h30-11h00

Je déguste. Curieusement, je pense au blog. Et je me maudis de vous avoir réclamé des contractions douloureuses. Ayè, je viens de les recevoir. Merci les filles.

J'ai mal mais je suis suffisamment lucide pour appliquer mes exercices de respiration. Inspirer sur 5, souffler sur 12. En ce qui concerne la sophro, le déplacement du négatif toussa toussa, j'ai trop mal pour y penser.

Monsieur Nanou me masse, me caresse la nuque, m'embrasse. Je gère les contractions tant que je peux. Je sens très bien la fameuse vague de douleur monter, monter, puis redescendre. je peux récupérer et souffler entre chaque contraction. Pour le Haricot, j'ai eu mal tout le temps, sans répit.

 

11h30

Je me suis mise à genou sur mon lit, tout au bout, en me tenant au barreau. Je me balance de gauche à droite, comme je l'ai appris chez la sage-femme. J'ai si mal que je suis dans une bulle, je ne parle pas, je me concentre sur ma respiration. Monsieur Nanou le sent, il ne me dérange pas. CLAC ! Je viens de perdre les eaux ! Quelle sensation bizarre, comme un ballon qui éclate légèrement à l'intérieur. Suivi d'un flot très chaud et abondant.

J'ouvre les yeux : "J'ai perdu les eaux, va chercher la sage-femme !" Mon mari se précipite dehors, il revient vite avec non pas une mais trois sage-femmes.

"C'est pas possible, vous étiez à 2 ! Non mais ça m'a l'air rapide votre truc là, je le sens pas !"

Elle envoie sa collègue voir s'il y a de la place en salle de naissance. Apparemment c'est l'affluence aujourd'hui.

La collègue revient. Pas de place. Je souffre et j'ai du mal à ne pas hurler. On me réexamine, je suis à 4 cm. Je suis trempée, il faut que j'enlève mon pantalon de pyjama. On m'aide un peu... Dans ma protection imbibée, il y a des traces vertes. Mon liquide est teinté, ça signifie que ma fille a rejeté du méconium dedans...

Plus le temps d'attendre, place ou pas, on y va ! "Monsieur, prenez le sac, l'appareil photo, allez, allez, on y va !"

Je pleure et on me demande pourquoi. Ce n'est même pas la douleur. C'est l'émotion, ma fille va arriver et mon mari est là. C'est tellement différent de la première fois, je me sens entourée, même si je souffre beaucoup. Je raconte tout ça à l'une des sages-femmes, je lui dis que là tout de suite, je me sens très amoureuse. Elle sourit en pleurant un peu. Elle s'appelle Cécile. Elle mettra ma fille au monde.

 

11h40

Ça ressemble à un épisode d'urgence. Monsieur Nanou partage mon avis avec le recul. Le personnel soignant (impossible de savoir qui) court avec mon lit roulant. Je suis recroquevillée sur le côté et je souffle sur 12. Je n'arrête pas de répéter "inspire 5, souffle 12", entre deux prières. Parce que j'ai mal et j'ai peur. J'ai peur de mourir en fait.

Je dis à la sage-femme que cette fois, je ne serai pas capable d'accoucher sans péri. Je lui demande d'appeler l'anesthésiste. Elle me répond que je gère bien et... que l'anesthésiste est au bloc. Et même s'il n'y était pas, je n'aurai pas le temps d'avoir la péri, le bébé arrive bientôt. Je me dis que ce n'est pas possible, le travail a réellement commencé il y a si peu de temps...

 

11h45

Monsieur Nanou me donne l'heure quand je le lui demande. Je tiens sa main mais je dois la lâcher. Je dois être seule en salle pour qu'on me "prépare". Je ne veux pas, je veux mon mari. Je le dis, je le crie.

Mais non, j'entre seule en salle de naissance. Je dois changer de lit... l'effort est insoutenable. On me pose une perfusion d'antibiotiques (en préventif, le Haricot étant né avec du streptocoque B), un nouveau monitoring... Je suis toujours sur le côté, ça me soulage et je "sens" mon bébé qui descend dans cette position.

 

11h50

Les sages-femmes ont dû en avoir assez de mes "je veux mon mari !", parce qu'il est là. On lui a dit que ça ne serait plus très long. Il prend ma main et ne la lâchera plus. Lui, les sages-femmes, la puéricultrice qui prendra en charge ma fille, tout le monde me dit que je suis formidable, que ce je fais est super. Je suis contente, j'ai mal.

Je ne gère plus du tout ma douleur et je commence à crier. C'est très violent. La douleur est insoutenable.

Mon mari ne me quitte pas des yeux, des mains. Il humecte mon front, il m'embrasse, je crois qu'il pleure un peu. Ma douleur le déconcerte. Il tente de me mettre un masque à oxygène que je repousse car il m'empêche de respirer correctement.

Nous sommes tous les deux paniqués par les bruits du monito : à chaque contraction, la cavalcade des battements de coeur ralentit. Je pleure en criant que je ne veux pas que ma fille souffre.

 

11h55-12h30

Sensation terrible. Appelons un chat un chat : j'ai envie de faire la grosse commission. On me dit que non, je réponds que si. Ça me rappelle la naissance du Haricot.

En fait, c'est mon bébé qui s'engage, la naissance approche. Elle souffre toujours un peu à chaque contraction mais son rythme est meilleur.

On me réexamine, ça fait toujours aussi mal.

"Votre fille est bientôt là..." Nous sommes tellement émus qu'il n'y a pas de mots pour le décrire. J'ai mal mais je m'accroche au regard de Monsieur Nanou.

On nous dit que la tête est engagée et que je peux pousser quand je le souhaite. Je peux restée allongée sur le côté si je veux, on installe un étrier pour que je puisse remonter la jambe du dessus. Je sens bien que la tête est tout au bord de la "sortie", ça me brûle un peu. Comme la première fois, j'ai l'impression que quelque chose va craquer.

Je pousse une fois  regardant mon  mari dans les yeux et en serrant sa main très fort et j'entends "Coucou ma mignonne, bienvenue !" Puis Cécile me dit d'arrêter de pousser, puis de recommencer pour les épaules. Elle me demande si je veux attraper le bébé. Je réponds non, je ne sais pas pourquoi, ça ne m'a jamais tentée. Je pousse donc une seconde fois...

 

Et ma fille est là. Il est 12h30. Elle pousse un petit cri de chat, même pas un pleur, juste un petit gémissement. On a coupé son cordon tout de suite. On la pose près de moi, entre son père et moi. Elle est chaude et moelleuse, elle rosit doucement. Puis ouvre les yeux. Ils sont gris, très clair et notre Fève est blanche comme son père !

Nous pleurons tous les deux beaucoup. Mon Nanou me félicite, encore et encore, pour ce que je viens de faire, ce que je viens de lui donner. Je lui réponds que sans lui, je n'aurais jamais pu.

Nous regardons notre enfant, émerveillés. L'écrire, me fait encore pleurer. Elle est tellement belle dans son petit lange blanc, elle a plein de cheveux et presque pas de sourcils. Je regarde ses petits pieds : ce sont ceux de son père ! Le petit orteil est beaucoup plus petit et plus bas que les autres. Je ris, tout le monde rit en entendant "elle a ton petit orteil en dénivelé !"

Cécile reste avec nous, à l'affût du placenta qui ne veut pas sortir. Elle est très discrète et se tait mais elle nous observe tous les trois. Elle a dû vivre des tas d'accouchements mais elle essuie ses larmes...

 

12h50

Le placenta tarde à sortir, on me demande de pousser un peu. Après quelques efforts, il sort enfin. Il est très petit et déjà un peu calcifié. Il était temps que notre fille naisse.

Après ce dernier acte médical, je dois confier ma fille à Cécile. Il est temps qu'on s'occupe d'elle. Monsieur Nanou veut rester avec moi mais je lui demande de suivre sa fille, je ne veux pas qu'elle soit seule. Je sais qu'on va lui faire quelques misères, je ne veux pas qu'elle soit seule. Quand Cécile l'enlève de mes bras, le bébé la baptise d'un méconium vert-noir de toute beauté !

J'ai été à peine "éraflée" selon Cécile. Elle veut tout de même me faire un petit point de suture pour que je ne sois pas gênée en urinant. Je teste le spray de xylocaïne qui m'anesthésie la zone en quelques minutes. Je ne sens rien.

 

13h10

Mes deux amours reviennent enfin. Mon mari est fier comme tout : elle mesure 47 cm et pèse 2kg810 ! Il dit que c'est génial, même s'il ne sait pas en quoi c'est génial. Le seul petit souci est qu'elle a du mal à réguler sa température. On attend qu'une couveuse se libère mais Cécile nous propose de la garder en peau à peau, tout contre moi avec tout plein de couverture par-dessus.

On augmente également la température de la salle de naissance. C'est Tahiti à l'hôpital. C'est le bonheur aussi.

Nous sommes seuls tous les trois. C'est une chance d'avoir cette intimité, merci Cécile. Monsieur Nanou nous regarde avec tendresse. Je perds beaucoup de sang, j'ai la tête qui tourne et je suis toute pâle. Je préfère lui confier un peu sa fille, j'ai peur de la faire tomber.

Je m'endors un bon quart d'heure, je suis épuisée. Quand je rouvre les yeux, j'ai devant les yeux un papa qui pleure en embrassant doucement sa fille sur le front... Il nous manque notre Haricot, j'ai hâte qu'il partage aussi notre joie...

 

En sortant de la salle de naissance, j'ai appelé tout de suite l'école de mon fils. La directrice est venue lui annoncer en classe qu'il était grand frère ! Il était heureux, fier et un peu gêné selon sa maîtresse. Alors elle lui a permis de sortir un peu, parce que mon grand fils avait aussi besoin d'avoir quelques larmes pour sa soeur. A distance, mes enfants s'aiment déjà...

 

 

Ça fait déjà 11 jours qu'Elle est parmi nous. Les nuits sont parfois difficiles, on le dit mais on ne se plaint pas. Je ne pensais pas ressortir aussi émerveillée de cette expérience. Je sais comment on fait les bébés, je sais comment on les met au monde. Mais quand je La regarde, je me dis que la vie est un miracle.

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 10:42

Non, non, ne me gronde pas, la suite de la naissance de ma poupée métissée (enfin, pour le moment, elle est blanche comme un cul !) est en cours. Je te tiens en haleine, comme elle quand elle nous faisait croire qu'elle arriverait avec trois semaines d'avance, la bougresse !!!!

 

La Fève_salle de naissanceAujourd'hui, j'ai envie de te parler des "bras". En Guadeloupe on dit "les mains".

Ton bébé, il a droit à un maximum de lait, de bains, de produits de beauté, de soins, de silence... Mais les bras, non. Le minimum épicétou.

S'il chouine sans avoir faim et sans avoir le cul-cul souillé, tu le laisses chialer. Il n'a aucune raison de pleurer, il a tout ce qu'il faut, il va pas en plus réclamer d'être bercé, embrassé, cajolé, bisouillé, pour RIEN ? Non ?

 

Contexte chez les Nanous : La Fève, surnommée aussi la Princesse au Petit Pois, dort très bien, dès lors qu'elle est dans nos bras. Quand on la pose dans son berceau, neuf fois sur dix, elle se met à se tortiller d'abord puis à pleurer. Coliques, froid, besoin d'être portée... peu importe, nous ne la laissons pas pleurer. Les nuits sont par conséquent assez hard. Il m'arrive de m'endormir avec elle dans mes bras. Je ne suis pas contre le cododo, mais ça me fait peur e je n'en ressens pas l'envie.

Dès la maternité, nous avons entendu plusieurs fois : "elle aime les bras dis donc !"

 

Autant le dire tout de suite : les réflexions sur les bras, ça me gonfle. Presque autant que les réflexions sur les nuits, du genre, tu vas en chier à la limite de vouloir rendre le gamin... Avec les hormones qui font des hauts et des bas suite à l'accouchement, j'étais à la limite de l'insulte quand on me faisait une remarque à la maternité. Morceau choisi :

 

- Mais, mais, elle pleure dès que tu la poses dans son berceau ? Ouuuuuuuh, elle aime les bras ! Tu vas en baver !

 

- Bon, là, tu peux pas trop, parce que t'as une voisine de chambre, mais à la maison, laisse-la chouiner un peu, sinon tu vas la gâter !

 

- Oh Madame Nanette, votre fille elle SAIT y faire. Elle a tout COMPRIS, si vous la prenez tout le temps dans les bras quand elle pleure, elle va faire ça TOUT LE TEMPS. Vous allez être EMMERDEE ! (et c'est une puéricultrice qui m'a dit ça...).

 

- Toi et Nanou, vous la prenez tout le temps. Elle a vite compris le truc... Alors dès qu'elle s'endort, tu la mets dans son lit. CA NE SERT A RIEN de la garder dans les bras si elle dort !

 

Ma fille est surdouée, elle a TOUT compris en quelques jours. Je dis STOP (in the name of love !!). Un nouveau-né, un petit bébé, tout neuf, sorti de la chaleur du ventre de sa mère et exposé aux néons de la salle de naissance, un petit être sans défense, sans possibilité de s'exprimer dont on aspire le nez, la gorge, les oreilles... Un nourrisson (j'aime pas trop ce mot, un bébé ne fait pas que bouffer), examiné sous toutes les coutures, à poil qui plus est, posé sur une balance, étiré pour être mesuré...

 

Je m'égare, tant je suis en colère. Je disais donc, un nouveau-né n'a pas le vice de se dire : Après lui avoir labourer la vessie pendant des mois, je vais la faire chier et chialer tout ce que je peux jusqu'à ce qu'elle cède et me prenne dans ses bras !

Ma fille, quand elle pleure, je la prends dans mes bras. Son père aussi. Elle a besoin de notre chaleur, de notre présence. Son frère ne la porte qu'en notre présence, mais il n'hésite pas à se pencher au dessus d'elle, à chantonner pour la calmer. Parce que oui, elle pleure beaucoup. Parfois, je sature, et pourtant ça ne fait que 7 jours qu'elle est avec nous. Mais je sais qu'elle a besoin de nous, pour autre chose que le sein et le change. Être blottie contre nous la rassure, dans son lit (sa nacelle pour le moment), on sent bien qu'elle a trop d'espace alors avant de l'y mettre, on la berce longtemps, on lui parle. Et Dieu que c'est bon tout ça. Ça me fait pleurer et fondre. Et je me dis que merde, la vie est un miracle. C'est nous qui avons fait ça. Et c'est bon de savoir que nous sommes pour le moment les seuls à pouvoir la calmer et la rassurer.

 

En aucun cas ce ne sont des caprices ! Assez de ces idées reçues, de ces "laisse-la pleurer". A quel âge les bébés font-ils de vrais caprices ? Et d'abord, c'est quoi un caprice ? Est-ce qu'on peut savoir si le bébé ne sent pas un peu d'air frais dans son dos (toi tu rebaisses ton t-shirt... mais lui, il fait quoi ?), s'il n'a pas mal au ventre. Et si tout simplement, il n'y avait aucune raison ? Et s'il y en avait une terrible : de la fièvre, une douleur...

 

Alors j'assume, et tant pis si j'en chie plus tard, comme dirait l'autre. J'assume : JE NE LAISSE PAS MA FILLE PLEURER. Sauf si je fais pipi (parce je suis à nouveau constipée, scoop ! de rien c'est cadeau !!). Si tu la voyais, tu ne la laisserais pas pleurer non plus. Ce n'est pas qu'elle est belle (elle l'est, oh comme elle est belle), c'est comme ça c'est tout.

Et lundi soir, quand elle nous a fait passer cette nuit si difficile, en se mettant à pleurer dès qu'on la posait... je ne l'ai pas laissée pleurer non plus. C'est comme ça...

 

J'annonce à la France entière, à mes proches et moins proches, à mes lectrices que j'aime, à la blogosphère toute entière... que quiconque me sortira une connerie sur "les bras", se verra opposer l'une des réponses suivantes, au choix bien entendu (on est dans un pays libre) :

 

1- De quoi j'me mêle bordel !

2- Je sais bien qu'elle aime les bras. On a essayé les jambes, ça n'a pas le même effet !

3- Qu'est-ce que ça peut te foutre faire ? C'est toi qui va l'élever ??

4- Tu fais comme tu veux avec tes gosses, moi je m'occupe des miens. Tiens, le Haricot, si tu nous roulais un joint !

 

Ah, on me dit dans l'oreillette que je risque de me retrouver avec 0% de vie sociale si je dis ça... Bon, je vais chercher autre chose...

 

Lectrice chérie, fais-toi plaisir, je sais que toi aussi, on t'as fait ce genre de réflexion, alors balance !!!

 

 

Photo : "Les bras", la plus belle invention du monde / La Fève dans les bras de son père, 7 avril 2011, salle de naissance

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 09:42

Merci pour tous vos commentaires, ça fait un bien fou de vous lire ce matin. Je profite d'un répit (joli tableau de ma fille dormant sur son père), pour me remettre à bloguer. Ça me manque ! J'essaie de vous répondre au fur et à mesure, mais ça ne va pas être facile. Je vous le raconterai plus tard, mais la demoiselle demande beaucoup d'attention et de câlin avant de sombrer dans le sommeil...

Alors, comment elle est arrivée ma Fève ? Ça commence par une avant-dernière visite de terme...

 

Mercredi 6 avril.

Je blogue un énième d'impatience. Nous revoyons le Dr Turc aujourd'hui. Je suppose qu'il va me proposer un décollement des membranes. Rendez-vous donc à 13h40, je prends ma 106, Monsieur Nanou me rejoindra là-bas.

Avant de partir, je tente de cacher la misère par un coup de blush. Mon visage est bouffi, plus qu'hier. Mes mains, mes pieds aussi, j'ai du mal à les bouger. Le terme approche, ça se sent !

Monsieur Nanou m'envoie un SMS : "tu prends les valises ou pas ?". Non, je ne les prends pas. Je me suis résignée à la laisser arriver quand elle veut ma chipie. Et je sais qu'elle nous mènera à terme et que j'irai à ce fameux dernier rendez-vous du 14 avril. 

 

13h40

Il fait une chaleur de dingue dans la salle d'attente de l'hôpital. J'ai un mal de tête terrible, je manque de me trouver mal en faisant mon pipi dans le godet (un truc qui ne me manquera pas, la visée urinaire dans un godet de 3 cm de diamètre !).

Monsieur Nanou est en retard, Madame Nanette est donc en pétard.

 

14h00

Le Dr Turc sort de sa pièce et me dit qu'il sera en retard pour cause de césa en urgence. Tant mieux, j'attends mon mari. Il revient sur ses pas et me demande si je veux m'étendre, j'ai l'air complètement à plat.

Ah bon ? Ça va pourtant, à part que ma tête est dans un étau et qu'il fait chaud sous cette saleté de toit en verre !

 

14h30

Monsieur Nanou arrive. Je me blottis contre lui, je suis morte de fatigue, de chaleur... Une grande lassitude s'est installée d'un coup.

 

14h40

Le Dr Turc revient. Purée, c'est court une césa ! Il nous prend à 15h00. Je le gronde gentiment :

- C'est quand que j'accouche hein ? On est au taquet depuis le 23 mars nous ! Vous nous avez fait languir !!

- C'est pour demain ! Je suis de garde ! Ah ah ah !

Avec du recul, je peux dire qu'il m'a regardée bizarrement dès le début. Il me l'a confirmé le lendemain.

 

15h15

Examen du col. Ouvert à 2. "Pas suffisant pour vous garder, mais considérez-vous en travail, sauf que c'est lent. !"

Monsieur Nanou devient tout rouge. Bientôt, bientôt... En attendant, on essaie de voir le visage de notre fille sur l'échographe. La pauvre, son studio-kitchenette (avec chiottes à l'intérieur) devient trop petit.

Prise de tension : 15/9. C'est pas bon, pas bon du tout. Le Dt Turc propose d'attendre un peu avant de la reprendre, parce que c'est sans doute dû à l'attente, la chaleur... Je suis sceptique et un peu inquiète, de toute évidence, il est un peu tendu. Je repasse sur la balance, mes pieds son énormes...

Re-prise de tension : 16/8. C'est vraiment pas bon.

 

- Si ça continue, on va vous garder Madame Nanette. Je n'aime vraiment pas ça...

... ... ... ... ... 16/8 ! Vous restez avec nous ! Monsieur, vous irez chercher ses affaires. Une minute, j'appelle la sage-femme... Sophie, je t'envoie Madame Nanette et son mari, ils montent avec leur dossier. Je veux la totale (hein ??), dinamap (= prise de tension régulière et monito), repos complet. Traitement si ça ne va pas mieux. Je remonte la voir à la fin des consult'.

 

15h25

Monsieur Nanou me regarde, il a peur, mais il est serein. Ma force tranquille, mon roc. Il prend ma main sans rien dire. J'ai envie de pleurer. J'essaie de me rappeler les risques de l'hyper tension. Je sais que ce n'est pas bon pour le bébé.

On est un peu sur le cul. On s'était préparé à mon charcutage sur fond de décollement de membranes et me voilà kidnappée par les forces de l'ordre santé !

 

15h45-18h00

Maternité deuxième étage, celui des grossesses patho et des césariennes. On entend aucun cri de bébé...

Chambre 290 "fenêtre". Retour au rez-de-chaussée, attente aux admissions, formalités télévision;

Retour en chambre. On me branche le fameux Dinamap : brassard à tension relié à une machine qui va prendre ma tension toutes les dix minutes, puis toutes les cinq minutes et le monito. Le coeur de la Fève bat à tout rompre, on dirait une cavalcade de chevaux. J'adore ce bruit. Elle va bien. ELLE VA BIEN. J'aime moins quand le brassard se gonfle, ça serre trop.

On constate que je contracte régulièrement, toutes les 15 minutes, toujours sans douleur.

Monsieur Nanou demande à voir le médecin avant de partir chercher le Haricot. On le rassure il s'en va.

 

18h40

La Grande Ex est de passage à l'hôpital. La vie lui sourit, nous l'avons appris il y a deux mois : elle est enceinte et tout va bien. Revenir sur les lieux de son drame personnel est difficile mais elle veut me rassurer. Le Dr Turc est vraiment, vraiment le top chef des médecins !

 

19h00

Mon fils arrive avec Monsieur Nanou, qui est chargé des valises. Il me raconte par le menu, l'anniversaire de sa copine. A quel point elle a aimé son cadeau. Le fait qu'il ne lui ai toujours pas "dit" (trop peur d'être rejeté... si elle fait ça, je lui tire les couettes !).

Il me rappelle une conversation qu'on a eu tous les trois. Lui et Monsieur Nanou étaient sûrs que notre petite arriverait le 7... Doucement, nous sommes encore le 6 !

Il se colle à moi, les larmes aux yeux. Il ne comprend pas trop pourquoi je suis là si je ne suis pas en train d'accoucher. Ça me bouleverse, je suis gonflée et gonflée d'amour aussi. La sage-femme revient et me demande de me calmer, de me détendre...

Facile à dire, je suis inquiète pour elle et pour eux. Que vont-ils manger ? On devait faire les courses... Et vendredi, c'est le pique-nique du Haricot... J'exagère, Monsieur Nanou est tout fait capable d'assurer sans moi... Mais il faut bien que je stresse sur autre chose que sur ce bruit de galop, sur ces courbes qui s'arrêtent si je bougent trop.

 

Et surtout, surtout, sur ces chiffres inquiétants qui ne cessent de monter : 15/9... 16/8... 17/8...

 

21h00

Je suis toute seule maintenant. On m'a fait une prise de sang, recueilli les urines. Débranché et rebranché le monito. Je dois prendre une gélule pour la tension. Pourvu que ça ne fasse rien au bébé...

On me surélève les jambes et on me réexamine... Le Dr Turc passe dans ma chambre. On fait le bilan : ma tension est trop haute, et il a l'intuition que le médicament n'y changera rien. Notre chance, c'est que ça arrive presque à terme. Pour certaines femmes, il faut faire maturer les poumons et sortir les bébés à 6, 7 mois...

Nous nous mettons d'accord, parce qu'il sait que je tiens à un accouchement naturel : si ma tension ne baisse pas ("je veux du 12/7 sinon rien !"), on me placera un "propess". Un tampon qui fera maturer et/ou dilater le col, donc potentiellement accélèrera le travail qui semble désespérément long. Or, la Fève n'a pas de temps à perdre...

 

 

Une nuit sans fin

Je ne dors quasiment pas cette nuit-là. Le tensiomètre fait un boucan d'enfer et se met à biper dès que ma tension dépasse 17... J'appelle Monsieur Nanou, j'ai peur, peur pour ma fille. Lui est très zen : elle est prête, elle est à terme -8 jours. Tout va bien se passer. En vrai, il gamberge, mais là tout de suite, j'ai besoin de lui. Ma force tranquille...

Un gentil médecin africain vient me rassurer et me dire qu'il faut que je dorme. Demain, je mettrai sans doute ma fille au monde, j'aurai besoin de forces. Il me donne deux atarax. Je dis non, je connais ce truc, on m'en a donné quand j'ai été opérée, ça va me shooter donc shooter mon bébé. Il insiste et je suis tellement fatiguée que je les prends... Et je dors, je dors même à peu près bien malgré la chaleur.

 

Je le remercie aujourd'hui. Il m'en a fallu des forces pour le lendemain...

 

 

La suite bientôt. Je sais qu'il y a moultes détails, mais c'est encore frais dans ma tête et je prendrai plaisir à lire ces lignes dans le futur...

 

NB : Je ne l'ai pas précisé, mais cet après-midi et la soirée ont bien sûr été ponctués de SMS à nos familles, aux Follasses. Et un SMS pour notre fille, pour lui dire de s'accrocher. On a survécu à la MAP, on allait quand même pas s'laisser emmerder par de l'hypertension !

 

Photo : le dinamap. Bip Bip Bip Bip !!!

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 14:12

... et si peu de temps aujourd'hui... Nous venons de rentrer, il faut que je m'installe et que je reparte déjà présenter notre merveille à Grand-Mamie. J'y tiens vraiment. Je vais essayer de ne pas regarder le retard de ménage pris pendant mon absence...

 

Notre petite Fève est née le jeudi 7 avril à 12h30 ; 2kg810 et 47 cm. J'ai dû être hospitalisée le mercredi 6, date de mon dernier billet. Ensuite, j'ai été très très occupée !

 

Pour faire bref ; nous sommes heureux. Notre fille est magnifique. Comment a-t-on pu vivre sans elle avant ? Mystère. Parce qu'aujourd'hui, aucun de nous trois n'arrive à la quitter des yeux ou à passer près d'elle sans la toucher.

Elle ouvre sur nous de grands yeux gris foncés que l'on contemple sans se lasser (vite vite avant qu'ils virent au marron !). Elle a de de beaux cheveux châtains foncés, ceux de son père...

 

Me voilà mère de deux enfants.

 

Je reviens vite vous raconter tout ça, c'est promis. Là tout de suite, je file chez Casto. Je dois acheter une brouette pour transporter mes seins !

 

 

P.S : Je confirme qu'il était complètement débile de ma part de réclamer à corps et à cri des contractions douloureuses. la prochaine fois que je dis un truc pareil, achevez-moi !

 

P.S 2 : Ca risque de sentir la guimauve par ici prochainement ! Mais il y aura aussi du glamour, de l'humour, de la montée laiteuse, de la perte des eaux, du caca vert de nouveau-né, de l'infirmier beau gosse (mais gay !), du bébé ultra-râleur... Bref, tu l'auras compris, Nanette est de retour (avec des seins encore plus gros, pour ton grand plaisir !).

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 12:45

Mes louloutes, enceintes ou pas, mamans ou pas, je vous salue bien bas en ce mercredi ensoleillé (sur l'Essonne en tout cas). Je vous salue bien bas mais pas trop, sinon j'arrive plus à me relever !

 

Grand soleil sur l'Essonne aujourd'hui, un temps à se faire triturer le fri-fri par un gynécologue turc et sympa ! Ouais, cet aprèm, pendant que tu seras au bureau, ou avec tes gosses braillards (je sais que je vais payer un jour ce sarcasme), je serai tranquillou à moitié à poil les pieds dans les étriers pendant que le séduisant me murmurera doucement :

 

- Attention Madame Nanette, je vous examine... (= Madame Nanette, je vous mets un doigt. Ou deux)

Ce à quoi je répondrai, mi-figue, mi-raisin, en resserrant légèrement mes jambes et en grimaçant  :

- Ah bon ? j'avais rien senti ! (= Je t'ai vu venir avec tes gants en latex, gougnafier !)

 

A mon avis, compte tenu de l'imminence de mon terme, il va bien se lâcher au niveau du triturage, histoire de bousculer un peu mon col, ouvert à 1 cm mais feignant.

 

J'ai vraiment été stupide pendant cette grossesse. J'ai complètement oublié de compter le nombre de doigts qu'on a pu me mettre ! Comme je manque un peu de fric en ce moment, j'aurais pu vendre cette donnée au CNRS ou à l'INSEE pour établir une statistique sur la pertinence et la fréquence du toucher vaginal dans le suivi de la grossesse.

La pertinence et la fréquence ça sonne tout de même mieux que "le nombre de doigts introduits pendant la grossesse" non ? Si.

 

Bref, je pense honnêtement que ce qu'il va me faire va précipiter les choses. Et si vraiment cette petite feignasse ne veut pas sortir, je devrais retourner à l'hôpital le 14 pour un nouveau combo monito/écho+planification du déclenchement.

Je ne veux pas être déclenchée, il paraît qu'on douille plus.

 

Bon, c'est pas l'trou mais le tampax (ah ah ah), je vais boire une bière bien fraîche* avant les hostilités !

 

 

* La bière sans alcool de marque Carrefour (Prestige), vaut largement la Buckler qui est nettement plus chère au litre. Voilà, c'est cadeau pour les sans-alcool et les en-cloque qui n'ont pas beaucoup de sous !

 

Photo : Si tu ne connais pas l'ancien nom des Twix... quitte ce blog immédiatement, sale jeune ! 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:30

poisson-d-avril.pngVendredi 1er avril

 

18h47: J'ai fini ma popotte, je profite de mon mari, rentré tôt pour une fois ! Aïe ! Mon ventre se durcit, petite contraction...

 

18h59: Re-aïe ! Je vais noter quand même, c'est la première fois que ça me fait mal...

 

19h11: Ça fait quand même bien mal. C'est pas insoutenable, mais c'est une douleur. Ça veut dire que"ça" commence non ? Monsieur Nanou devient tout rouge, il ne veut plus aller à son cours de tennis.

 

19h28 : J'ai encore mal. Je suis au bord de l'orgasme. Je vais accoucher cette nuit, ou demain matin... Je suis surexcitée. Le Haricot semble sceptique. "Je sais pas pourquoi Maman, je sens que c'est pas aujourd'hui..."Cet enfant ne connaît rien à part les Pokémon.

 

19h39... 19h59... 20h10... 20h21... 20h31... 20h45... 21h01... 21h13... C'est régulier et un peu douloureux. Genre douleurs de règles dans les reins.

 

21h22: Monsieur Nanou rentre du tennis alors que le Haricot et moi regardons "Famille d'explorateurs" (pâle copie de Koh Lanta). Je lui montre mon papier et lui dis que c'est pour ce soir. Deux heures e contractions, c'est pas anodin !

 

21h41 : Merde ! Il s'est écoulé 20 minutes, c'est pas normal.

 

21h54 : C'est déjà mieux ! Allez petit utérus, j'ai pas beaucoup mal là. Tu peux mieux faire !

 

22h05: Aaaaaaaaaaah ça y est je douille ! Tant de plaisir dans la douleur, c'est malsain non ? Monsieur Nanou me fait remarquer que ça n'a pas l'air bien méchant d'accoucher finalement.

 

22h19 : Ah, je me lasse pas de contracter. C'est vraiment de la balle les contractions. Je ne vois pas pourquoi les gens investissent dans des trucs à sensation, une bonne contraction ça vaut tous les sauts à l'élastique !

 

Puis, je me lève une fois la contraction passée, pour me faire une infusion. Et... PLUS RIEN  Que dalle, quoi. Pas la queue d'une contraction. J'attends jusqu'à 23 heures. Cette fois c'est sûr, c'était une fausse alerte. Heureusement qu'on n'est pas allé à la maternité.

 

23h30 : Le Haricot se lève pour faire pipi. "Aaaaah tu vois j'te l'avais dit que c'était pas pour aujourd'hui !"Je vais lui faire bouffer ses Pokémon à ce sale môme !!!

 

 

A minuit, je me couche avec une pêche d'enfer et pas la moindre douleur. Monsieur Nanou est rassuré, du coup je lui remets les pieds sur terre en lui précisant que l'accouchement c'est bien plus hard que ça.

 

 

Curieusement, cette fausse alerte m'a fait du bien. Je l'attends plus sereinement ma Fève et j'ai bien compris son message : c'est ELLE qui décide. Ma chérie, mardi, c'est l'anniversaire de ton père. J'dis ça, j'dis rien (j'ai horreur de cette expression).

 

 

Au programme de la semaine :

- Cet après-midi, monito de contrôle à l'hôpital, histoire de voir si le coeur de la Fève se porte bien et si les contractions de pré-travail sont toujours là.

 

- Demain après-midi, arrachage de deux pré-molaires du Haricot. Là, on sait que ça va être douloureux après les effets de l'anesthésie.

Demain, Monsieur Nanou a 29 ans. J'ai toujours pas trouvé de cadeau. Il ne veut rien. Un bébé, ça s'rait pas mal moi j'dis.

 

- Mercredi : Rendez-vous de terme avec le Dr Turc, si la Fève n'est toujours pas là.

 

 En attendant les copines, des nouvelles ici tous les jours ! Excellente semaine à toutes !

 

A découvrir sur le blog de la Mite Orange(ma toulousaine préférée) un billet drôle et touchant sur la maternité à 20 et 30 ans (évidemment ça me parle).

 

 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 12:12
Avant-propos : Si tu en as marre de lire des histoires de bouchon muqueux, de col de l'utérus et de pieds gonflés, envoie ta contraction utérine efficace ou ton passeport "perte des eaux" à :

Nanette et ses Humeurs - 7 rue du Faux Travail - 75600 PARIS-ACCOUCHEMENT Cedex

N.B : Toute contraction non-douloureuse sera renvoyée à l'expéditeur.

  

  

SP_A0191.jpegNotre famille est et restera métissée. C'est pas nous qui avons commencé d'abord ! Mon Papounet est métis, sa maman ayant craqué pour un "béké" comme on disait à l'époque), Nannyet moi sommes donc quarteronnes (comme on disait également à l'époque).

La maman de Monsieur Nanou est née à Oran, son frère et lui sont donc à moitié algérien. Deux frères qui ne se ressemblent pas : G. est mate de peau, les cheveux noirs et mon Nanou est blanc comme ses racines normandes (avec des cheveux châtains très épais) ! C'est beau ce mélange.

Et moi... en 28 années d'existence (bientôt 29 !), je n'ai eu que des amoureux tout blanc !

 

Souvent pendant la grossesse, on nous a demandé si la future couleur de la Fève de Cacao nous intriguait... Sa couleur, ses cheveux... Si elle sera plutôt noire ou plutôt blanche, plus claire ou plus foncée que le Haricot ou moi. Je précise que ces petites questions nous ont été posées par des personnes de toutes les couleurs (même verte, pour cause de cuite).

 

J'avoue qu'on n'a pas pensé à la couleur quand on l'a fabriquée... pourvu qu'elle n'ai pas mon nez ni mes mains (qui sont toutes vieilles depuis toujours !).

D'autant plus qu'on sait que tout est possible dans une famille métissée ! Il est par contre, fort peu probable que la Fève soit blonde ou châtain (la famille de Monsieur Nanou étant essentiellement brune, côté normand compris).

Mon Haricot est né tout blanc, avec très peu de cheveux... et le peu qu'il avait était blond ! Sa peau s'est colorée en quelques mois, il s'est doré comme un petit pain. La pointe de ses cheveux est restée blonde jusqu'à sa première coupe (coutume antillaise : on ne coupe pas les cheveux d'un enfant avant qu'il marche !). J'ai conservé ses petites boucles couleur de miel religieusement. L'été, ses cheveux blondissent et j'arrive à l'imaginer adulte, séduisant métis aux cheveux cuivrés par le soleil ! Pas touche les filles !!

 

Et la Fève, ou devrais-je dire la Petite-Starlette-qui-se-fait-attendre, elle sera comment ? On s'en fout un peu à vrai dire. Et je te passe les "pourvu qu'elle soit en bonne santé, c'est c'qui compte". Non, on s'en fout, elle est née de nous. Notre fille. 50% de chacun de nous deux.

De là à dire qu'on se fout de son physique, ce serait mentir !

On veut le voir son physique. Ses petits pieds, ses petits poings serrés, sa bouche... Son odeur, ses petits cheveux.

Même son caca on veut le voir, c'est dire !

Et puis, j'ai rêvé d'elle, elle était dorée comme un croissant (je ne me rappelle plus son visage), avec de petits cheveux noirs et bouclés et toute ronde... Peu m'importe si elle est plus foncée ou plus claire, pourvu qu'elle soit dans mes bras.

 

Ce billet est une tentative désespérée pour dire : Ma Chérie, je t'en supplie, ne nous fait pas languir !!! Dépêche-toi d'arriver !!

Ou, dans un registre plus fleuri : Magne-toi le cordon !!!

 

Ah et je voulais dire aussi, que si j'avais eu un amoureux black, j'aurais choisi celui-là (il aurait été d'accord, bien entendu !) :

 

sourire-shemar-moore.jpg

 Entre deux enquêtes, je pense à Nanette...(non, ça ne rime pas avec quéquette !)

 

 

Photo du dessus : le petit poing fermé du Haricot - Mars 2000

    

 Point grossesse du jour : RAS... RAS... Cet aprèm, je fais un gâteau et je bats la pâte au fouet. On va voir si ça marche !

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:35

pregman.jpgMardi, j'ai fait ma ptite marche quotidienne (dans le but de faire travailler mon col, ce gros feignant) en allant chez Norauto avec mon mari. Il est vachement bricolo mon mari, donc il fait lui-même la vidange de la 106. Il achète tout ce qu'il faut et il fait tout lui-même. Il faut le voir les mains pleines de cambouis... Rien que de l'écrire, je suis toute excitée. Je sais, j'ai un sérieux problème. J'irai consulter après l'accouchement.

 

Donc, on est allé chez Norauto, j'aime bien ce magasin. Ça sent le pneu neuf, j'aime bien. Je sais, j'ai un sérieux problème etc...

Au rayon des enjolivers en plastoc (j'en bouzille un jeu par an en frottant méthodiquement les trottoirs), y'avait une femme, que dis-je, une grosse catin, qui a reluqué MON mari. Si, si, je l'ai vue. Elle l'a regardé. Et lui, il a très bien vu qu'elle l'avait regardé.

Il faut dire qu'il était choupi tout plein avec son ptit polo et son jean. Il a beau perdre lentement ses cheveux (pauvre petit amour), il a l'air d'un grand ado mon mari. On voyait bien ses bras puissants et on devinait son ventre bien ferme.

Et puis, il me parlait en me souriant, avec ce sourire de gosse qui me fait fondre. Je l'aurais violé au milieu des enjolivers, si j'avais pu... Et rien à voir avec le fait que je l'ai dans la peau (et que je suis incontestablement en manque). Il est beau et il ne le sait pas, je crois que c'est ce qui le rend encore plus magnifique. Parce qu'entre nous, qu'y a-t-il de pire qu'un beau gosse gonflé 'arrogance ?

 

Et je me suis regardée dans la vitre du Norauto (elle brille cette saloperie de vitre, un vrai miroir). Une Nanette bien enceinte qui marche comme un culbuto. Qui, de temps en temps, s'arrête au milieu du rayon pour se courber en deux, ça soulage sa sciatique. Elle ne porte aucun paquet (et surtout pas la bouteille d'huile de moteur qui pèse une tonne), sinon, elle a immédiatement envie de faire pipi !

Pas le temps de se maquiller ce matin ou pas envie je ne sais plus. Le teint gris, quelques boutons et le visage incontestablement bouffi ! Vêtue d'un survêtement et d'un tish de grossesse... et au pied des ballerines premier prix de taille 40 (je chausse du 38 en temps normal), achetées en urgence pour cause de pénurie de chaussures assez larges.

Cette fin de grossesse fatigante lui donne l'air d'une vieille ado, fragile et gonflée !

 

A nouveau, un regard vers l'homme de ma vie. C'est indéniable, la grossesse n'a eu aucun effet sur lui, physiquement parlant. Il est mince, il a bonne mine, il marche vite.

Il a conservé sa force, d'ailleurs il porte tout. Ah, quelque chose a changé peut-être : son regard est plus sûr et surtout encore plus protecteur. Il me surveille, je le sens, des fois qu'il me viendrait à l'idée de faire un effort trop prononcé ou, pire, si une douleur inopinée apparaissait. Le post-ado de 24 ans qui ne savait pas faire chauffer l'eau des pâtes me paraît bien loin tout à coup...

 

Ah Dame Nature ! Grâce à elle, c'est moi qui porte ma fille, qui la sent, qui la fait vivre. Avec tout ce que ça a de magique et de bien chiant. Je suis consciente d'avoir une chance inouïe de porter la vie et de mettre au monde des enfants. Un miracle que nos sommes les seules à pouvoir vivre, nous les gonzesses.

Mais en regardant mon beau mari avec ses quelques cheveux en moins qui le rendent encore plus beau (à mon goût !), je me suis dit qu'elle aurait quand même pu lui filer quelques kilos en plus. Une bonne vieille couvade ! Histoire d'équilibrer un peu les choses ! Et crois-moi, il bouffe comme 10 !

Et bah non, il n'a pas pris un gramme Monsieur Nanou ! C'est pô juste !

 

- T'en fais pas pour tes kilos ma chérie, on fera du sport ensemble si tu veux ! Bon, j'ai pas besoin de maigrir mais je le ferai pour toi !

 

Non, c'est vraiment pô juste !

Et chez toi, couvade ou pas couvade ?

 

 

Point grossesse du jour : Ai-je vraiment besoin de dire que je suis toujours là et toujours enceinte ? Contractions à gogo, mais pas douloureuses, blablabla...

 

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 14:50

Le Haricot, fraîchement bagué, rentre de l'école hier soir... sans aucun devoir à faire (chose rare quand on connaît son instit'). Suspicieuse, je flaire le gros mensonge destiné à obtenir du temps de jeu Pokémon (version noire) sur DS... Je pourrais aussi avoir confiance dans les dires de mon petit garçon, pas facile quand on connaît l'animal !

 

 

- Tu n'as pas de devoirs ? C'est bizarre, comment ça se fait ?

 

- Bah la maîtresse était absente cet après-midi. Elle a eu un problème avec sa chatte !

 

- Hein ???

 

- Ouais, elle avait du calcaire, donc elle pouvait plus uriner (mon fils dit "uriner", j'adore !) alors elle a dû aller chez le docteur...

 

- Oh, elle... elle... pouvait plus uriner ?

 

- Oui, et y paraît que c'est très très dangereux, il a fallu faire vite. Elle a eu peur la maîtresse !

 

- ... Oh, c'est pas cool ça... (désespoir. mon fils connaît le mot chatte. il sait à quoi ce mot grossier correspond. chatte c'est comme vulve, j'aime pas. je veux mourir. mon fils parle comme dans un porno.)

 

- Y'a Marvin qui a dit que c'était pas grave vu qu'elle en a d'autres...

 

- D'autres quoi ??

 

- Ben, des chats !

 

 

... Faut vraiment que j'arrête d'avoir l'esprit mal placé !

 

shaven-pussy.jpg

  Pas de devoirs aujourd'hui mes minous !

 

 

Le point grossesse du jour : Je suis toujours là. Contractions non-douloureuses. Pas l'ombre d'un bouchon muqueux à l'horizon. J'ai un nouveau fantasme : perdre les eaux.

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