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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 14:49

Copie de DSCI0024Aujourd'hui, c'est la rentrée des classes du Haricot. La première rentrée sans moi depuis 11 ans. Je me console en me disant que s'il avait fait sa rentrée à Banlieue sur Orge, elle aurait eu lieu sans moi aussi.

La quatrième déjà. Dans sept mois il fêtera ses 14 ans.

Ca me fait tout drôle : pas de livres à couvrir, pas de paperasse à remplir, pas de visite médicale pour le sport. Rien.

 

Cette rentrée me file le cafard pour être franche. J'essaie de m'occuper, Monsieur Nanou m'y aide bien, il est en vacances. Nous avons modifié la chambre des enfants pour qu'elle soit plus adaptée à la poupette tout en pensant aussi aux week-ends où le grand sera là. Un week-end sur deux. Tous les quinze jours...

Nous avons emmené la Fève à Thoiry (où nous avons réussi à nous faire enfermer dans la réserve africaine) et à sa première fête foraine (où elle a découvert la frustration de ne pas pouvoir faire 20 fois le même manège).

Je n'ai pas la frite mais la dépression est derrière moi, je suis contente de pouvoir le dire. Curieusement, c'est après le 5 août et cette fameuse audience (où j'ai découvert que les avocats peuvent servir à envenimer les choses plutôt que les améliorer), que j'ai commencé à aller mieux. Il fallait ça, je crois, que ce soit officiel. Je sais que je ne suis pas encore tout à fait sortie des limbes, il m'arrive parfois encore de passer 2 ou 3 jours sans mettre un orteil dehors (pas même pour balader ma petite excitée) et de ruminer ou pleurer ou les deux, mais il y a du mieux et en douceur, le Dr Psy a réduit puis arrêté toutes les petites aides extérieures dont j'avais besoin. Presque finito la dépression donc. J'y ai laissé quelques plumes, mais c'est la vie. Mon amie Cé. e l'a dit récemment : "tu étais vraiment, vraiment, vraiment très chiante". C'est aussi l'avis de Monsieur Nanou qui a ajouté : susceptible, colérique, à fleur de peau, (très) parano. Lui aussi il a raison, un rien me faisait prendre la mouche. Bon, il est resté hein. Ca doit être ça l'amour.

 

Le blog lui aussi fait sa rentrée, enfin il va essayer. Et moi aussi. Trouver du boulot. Ah oui, sauf que je n'ai pas de mode de garde. Impossible de dire "disponible immédiatement". On peut dire "disponible dès que je trouve une solution" ?

Reste à poser ce qui me reste de congé parental et croiser les doigts. Ou alors, j'attends septembre 2014 (entrée de la Fève à l'école) pour rebosser et on mange des pâtes (enfin pas moi, je suis au régime). Wait and see.

 

Voilà, le blog repart, mais en mode diesel. J'ai l'impression de n'avoir strictement rien à vous dire d'où la banalité de ce billet. Mais ça reviendra.

 

P.S : J'ai perdu 4 kilos. Youpi.

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 18:38

J'essaie de me rappeler que c'est moi qui l'ai dragué. Outrageusement. Je lui ai couru après, sans honte. J'essaie de me rappeler qu'il m'a cédé, enfin. Le goût de ses lèvres quand on s'embrassait au CDI, la première fois qu'il a défait mon soutien gorge, maladroit.

 

J'essaie de me rappeler de cette belle année de Coupe du Monde 98. Il faisait chaud, nous avions marché à pied jusqu'au Stade Charléty, main dans la main et maquillés de bleu, blanc, rouge. Deux heures plus tard, ivres de victoire, nous avions fait la route en sens inverse, en chantant.

 

J'essaie de me rappeler du bac français, de mes notes excellentes et de ses mauvaises notes (la moitié de chacune des miennes). Des baisers échangés dans les parcs de la ville pour le consoler.

J'essaie de me rappeler des premiers je t'aime, des dizaines de lettres d'amour que je lui écrivais (16 ans hein...).

 

J'essaie de me rappeler nos premières vacances ensemble, en Espagne. Son père avait proposé de m'emmener. J'essaie de me rappeler ma terreur à l'arrière du jet ski, le sel de la Méditerranée, les barbecues du soir, les bananes au chocolat que j'avais préparées pour tout le monde.

 

J'essaie de me rappeler ce soir de première fois. J'essaie de me rappeler comme c'était bien. Un peu raté, un peu hésitant mais bien.

J'essaie de me rappeler la parade qu'on avait trouvée pour planquer les draps tâchée de mon innocence amoureuse.

 

J'essaie de me rappeler notre année de terminale. J''essaie d'oublier qu'on s'est séparés cette année là. Il en avait trouvé une autre.

J'essaie de me rappeler comme j'ai pleuré comme une enfant, pendant des semaines.

 

J'essaie de me rappeler la foudre de la découverte du Haricot. La terreur dans ses yeux quand il l'a su. C'était encore un enfant.

J'essaie de me rappeler ma douceur et mon indulgence. "Je ne t'oblige à rien du tout, tu fais comme tu veux".

J'essaie de me rappeler tous ces mois dans le même lycée, quand il m'ignorait. J'essaie de me rappeler que c'était parce qu'il ne savait pas. Pas quoi faire, quoi dire...

 

J'essaie de me rappeler ses larmes dans les bras de sa mère, quand enfin, elle a su. J'essaie de me rappeler sa promesse, à elle, de ne jamais nous laisser. Et elle l'a tenue.

J'essaie de me rappeler quand il m'a demandé pardon pour ces mois d'ignorance.

 

J'essaie de me rappeler la naissance de notre enfant. Ce grand adolescent en larmes qui ne savait pas quoi faire de ses mains ni de son corps. J'essaie de me rappeler que, tout de même, ça l'a ému de voir la chair de sa chair dans cette couveuse.

J'essaie de me rappeler qu'il n'est revenu que 3 jours plus tard mais que je ne lui en ai pas voulu.

 

J'essaie de me rappeler qu'au fil des mois, il est devenu un papa. J'essaie d'oublier que c'est une autre qui l'a mis sur le chemin.

 

J'essaie de me rappeler le nombre d'années que j'ai mis à cesser de l'aimer. C'était long. Je le cherchais dans chacun de mes amoureux.

 

J'essaie de me rappeler que je l'ai aimé, chéri, adoré.

 

J'essaie, j'essaie vraiment, pour ne pas le détester. Le détester de faire d'une situation simple, une situation sale.

Le détester d'utiliser notre fils pour me faire du mal.

 

J'ai une liasse de papiers dans les mains et j'essaie de me rappeler.

 

Je ne pense pas qu'il ai essayé de se rappeler.

A la place, il m'a assignée.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 12:25

La-verite-au-fond-du-puits-a24284042.jpgBon, bon, bon. On va pas tourner autour du pot 150 ans, hein ? Un jour ou l'autre il faut bien se lancer, se foutre à poil et dire la vérité parce qu'ici j'ai toujours tout dit.

 

En février, j'ai appris une très mauvaise nouvelle qui m'a plongée au fond du trou le plus profond des trous du monde (c'est beau ce que je dis).

 

Pendant des semaines, avec mes petites mains, j'ai essayé de remonter, toute seule, un peu aussi avec mon mari. Mais j'ai pas réussi.

J'ai délaissé un peu le blog parce que je n'avais rien à dire, ou alors que des trucs tristes. Et puis j'avais peur d'être jugée, pas envie de m'expliquer etc.

J'ai continué à écrire de temps en temps et à publier des conneries sur ma page et mon compte facebook parce que je suis comme ça. J'ai besoin d'afficher une façade drôle.

Je ne sortais de chez moi que le mardi. Ouvrir la porte, mettre un pied dehors me demandait (et me demande toujours) un vrai effort. Mais je ne peux pas garder ma toute petite enfermée, alors je me bouge, au moins une heure par jour.

 

Je suis allée voir mon Dr Barbu, généraliste de son état qui m'a vivement conseillé de prendre des cours de grimpette pour sortir de ce foutu gouffre.

Pendant 10 jours, j'ai eu l'impression de tomber encore plus profond et pus les cours de grimpette ont fait leur effet. J'ai recommencé à dormir, à faire mes nuits, comme un bébé. J'ai arrêté de pleurer, de m'énerver pour rien, d'avoir des idées noires.

Le cerveau est un organe. Quand il est malade, il faut le soigner et parfois, le milleperthuis ne suffit pas.

 

Une fois que j'ai sorti la tête de l'eau, Monsieur Nanou s'est mis à parler bébé, mais ça c'est une autre histoire. On va pas se lancer dans ce genre de chose alors que j'ai encore besoin de béquilles pour marcher (en plus, je n'ai perdu ni tous mes kilos ni mon jelly belly).

 

J'ai fermé les commentaires de ce billet, parce que je sais que vous me direz plein de choses gentilles qui me feront pleurer d'émotion. Enfin j'espère hein !

 

Donc voilà. Vous saurez tout comme ça.

 

Mon fils part vivre chez son père l'année prochaine.

Et je suis en dépression.

 

Mais quand même ça va mieux.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 16:11

Je me fais rare mais la famille Nanette traverse des heures assez pénibles.

Non, non, je ne vais divorcer. Ca fait au moins trois jours que je n'ai pas vu de chaussettes en boule, je pense qu'il fait de réels efforts.

Des heures pénibles donc et des soucis assez sérieux pour que, pour une fois, je les garde pour moi. Jusqu'à ce que j'arrive à écrire sur le sujet sans chouiner (ça fait des tâches sur le blog, les larmes).

M'enfin pour faire bref, je bois un peu la tasse comme ma chère Sabine mais en un peu "plus pire".

Me gaver de millepertuis n'ayant servi à rien, je suis passée à une méthode plus musclée et ô miracle, je redors et je pleure un poil moins.

 

Ce gros coup de mou ne me privera pas de vous raconter encore un peu ma vie (vous y avez cru hein ?), parce que pour l'instant, pour les blagues, c'est pas encore ça...

 

* Dans 10 jours, la Fève aura 2 ans. 2 ans quoi, non mais allo ? (ok elle était facile). C'est encore mon tout petit bébé, rendez-vous compte, ça ne fait que 4 mois qu'elle marche !

Elle est douce et câline comme un chamallow et colérique comme, comme... je trouve pas le mot tellement c'st vioent et soudain parfois.

Gardez-vous bien de ne pas lui servir sa bouffe tiède. Si c'est trop chaud, vous n'y survivrez pas.

Elle a une nouvelle passion : l'Ane Trotro. Parfois c'est effrayant : "l'âne toto l'âne toto l'âne toto", elle répète ça, telle une camée qui réclamerait "de la coke, de la coke, de la coke". J'ai peur.

 

* ApiNapi, ma boutique fétiche (avec laquelle je travaille très très souvent), a mis en ligne une nouvelle vidéo que je vous invite à visionner. "Les temps changent, le change aussi", ou l'histoire du change des bambins en une poignée de secondes.

Allez voir, vous m'en direz des nouvelles. Le bébé de la vidéo, il est canon, non ? (hum).

 

* Le Haricot cartonne au collège. C'est assez bluffant. Ce trimestre, aucune moyenne en dessous de 16. MAIS, un avertissement de conduite pour ces bavardages incessants et une petite tendance à répondre aux profs. La crise d'ado qu'ils appellent ça.

 

* Dans 1 jours, c'est l'anniversaire de ma grande soeur et comme chaque année, j'aurais une furieuse envie d'être avec elle, au soleil.

En cette période de bad trip, c'est fou comme ma Guadeloupe me manque...

 

Bon, c'est pas tout ça, mais c'est l'heure de ma micro-sieste réparatrice. Je vous reviens bientôt, et en meilleure forme.

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 13:26

Adieu-ma-concubine.jpgEntre nous, ça n'a pas été le coup de foudre, mais quand tu es entrée dans ma vie, je t'ai aimée. Et pourtant, ma chérie, j'avais si peur de toi. Peur que tu m'emmènes là où je ne voulais pas aller, plus vite que je n'aurais voulu...

 

C'est Monsieur Nanou qui nous a présentées l'une à l'autre, ne se doutant pas un instant de la puissance du sentiment qui nous lierait à jamais toutes les deux.

Il faut dire que tu n'étais pas vraiment belle : le teint blâfard, quelques rides et ton look était si négligé !

Je ne pouvais pas me payer tes services, ton tarif était modeste mais seule avec mon fils depuis 6 ans, je n'avais aucune épargne. Et Monsieur Nanou ce jour-là a sorti son chéquier, alors que ça faisait deux mois seulement que nous nous fréquentions. Il a payé pour moi, parce qu'il savait bien que t'avoir dans ma vie, ça voulait dire plus de liberté et d'autonomie pour mon fils et moi.

 

Nos débuts ont été difficiles. Te rappelles-tu notre première fois ? J'étais vierge et j'ai eu très mal. Plusieurs fois, j'ai dû m'arrêter pour reprendre mon souffle, sécher mes larmes et attendre. Attendre que les battements de mon coeur ralentissent. Tu as ronronné doucement pour me dire que ce n'était pas ma faute, qu'il faudrait du temps pour que je prenne mes marques avec toi, pour que je me détende. Pour moi, pendant des mois, nos instants d'intimité étaient synonymes de peur et de stress.

Mais Monsieur Nanou, toujours, me forçait à recommencer, pour que je m'habitue à toi. Il me conseillait de te toucher, d'essayer avec toi des choses inédites.

Je n'étais pas la première femme avec si peu d'expérience mais de douloureux souvenirs liés à mon enfance m'empêchaient de me livrer à toi totalement...

 

Et puis, j'ai pris de l'assurance. J'ai mis dans tes bras mon fils ainé, ne sachant pas que bien plus tard, je te confierai ma fille nouveau-né.

J'ai commencé à prendre du plaisir avec toi.Un plaisir qui allait durer six ans.

Tu te souviens de notre première virée à Paris ? Nous nous sommes perdues dix fois ! Au bord de la crise d'angoisse, je riais jaune, mais nous avons trouvé notre chemin.

De retour à la maison, Monsieur Nanou avait acheté pour toi tout ce qu'il fallait pour que ça ne se reproduise plus. Un sens de l'orientation artificiel qui nous permettrait de folles sorties.

 

Oh, tout n'a pas été rose, loin de là. Il y a eu ce terrible jour d'hiver où j'étais allée travailler en te laissant devant l'immeuble de mon bureau. Un camion avait glissé sur le sol verglacé et t'avait violemment percutée. Le soir en revenant te chercher, je t'avais découverte affreusement mutilée.

Quel choc ! Fort heureusement, le propriétaire du camion avait laissé un mot : il assumait son rôle dans cette tragédie.

Ton hospitalisation a duré 3 jours. Et le verdict est tombé : tu te remettrais de tes fractures et la mutuelle prendrait en charge tous nos frais.

 

Et cet autre jour de neige, le 8 décembre 2010, l'un des pires jours de neige que Paris ai connue. J'étais en vadrouille avec Cranemou et Sabine et elles m'ont alors conseillé de rentrer en train, de te laisser et de revenir te chercher le lendemain quand la neige aurait fondu.

Mais je n'ai pas pu (il faut dire aussi que j'étais certaine d'avoir la flemme le lendemain), je n'ai pas pu te laisser là couverte de neige.

Nous avons mis 5 heures pour rentrer chez nous ce soir. Cinq heures pour faire 30 kilomètres. Enceinte de 5 mois et coincée dans la circulation, je luttais entre fatigue et envie de faire pipi. Mais nous y sommes arrivées !

 

Jamais je n'aurais cru que nous nous séparerions cette année. Et puis, par le bouche à oreilles, j'ai su qu'Elle était prochainement libre et qu'elle était dans mes moyens (ou presque).

L'avoir dans notre vie signifierait plus de sécurité pour mes enfants et moi, j'espère que tu le comprends et que tu ne m'en veux pas. Je sais que je mettrai du temps à apprivoiser cette jolie blonde germanique, un peu plus jeune que toi, mais tellement plus sérieuse et austère.

Tu resteras toujours la première dans mon coeur, j'espère que tu le sais... C'est avec toi que j'ai tout appris et si aujourd'hui je peux voyager sans trembler, c'est bien grâce à toi.

 

Ce mois-ci, si tout va bien, je change de voiture.

Adieu petite 106, adieu ma concubine.

 

 

 

P.S : Pour saisir la portée de ce billet, il faut savoir qu'avoir mon permis est le truc le plus difficile (après l'accouchement) que j'ai fait. Pour moi, c'est une plus grande victoire encore que tous les diplômes que j'ai eu par la suite.

 

P.P.S : 60 heures de conduite. Voilà, voilà.

 

P.P.P.S : La blonde germanique arrivera chez nous bientôt. C'est une occaze, mais putain, qu'est-ce qu'elle est belle ! (DIRECTION ASSISTEE bordel !)

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 08:00

200015260-001

 

Il n'y a pas très longtemps, j'évoquais ici la presque-fin du mariage d'un des meilleurs amis de mon mari. La sensation étrange de basculer dans un autre monde, celui des grands. Celui où les gens se trompent, ne s'aiment plus, divorcent.

Alors qu'avant, on faisait partie du monde des gens qui s'aiment, qui sortent ensemble, s'engueulent, s'envoient des SMS langoureux. Celui des gens qui s'installent ensemble et font des choix difficiles (Paris ou banlieue ?), celui des couples qui se marient et font des bébés.

 

Je crois qu'au fond de nous, malgré les factures, les impôts, la propriété, le mariage, les enfants, nous sommes toujours restés cette bande de jeunes, dont la plupart se sont connus au lycée.

Ces jeunes qui ne se voient quasiment jamais, malgré la proximité géographique, mais se retrouvent avec plaisir aux heureux évènements. Ce groupe qui partage la même table aux mariages et échangent sur leur petite actualité : "Non, non j'y bosse plus, j'ai filé ma dem' !" - "Non merci, je bois pas je suis enceinte !" - "On va acheter une maison, on se casse en province !"

Adultes, mais jurant encore comme des charretiers ("Mais putain, t'as pris du bide mon salaud !") et glissant ça et là des bribes de notre langage de jeun's.

 

Mardi après-midi, pour la première fois, nous nous sommes tous revus pour dire adieu à l'une d'entre nous. Nous ne portions pas ces fabuleuses tenues colorées dont nous nous fagottions pour nos mariages, et si nos maris portaient des cravates, cette fois, les chemises étaient noires.

 

Egoïstement, très égoïstement, après avoir sincèrement compati pour la famille, la chose qui nous venait à l'esprit, puis à la bouche était "Mon Dieu, ça nous arrive à nous, le bac c'était hier... tu t'souviens ?"

Dire adieu (au revoir ?) à l'une d'entre nous. A 31 ans. Nous ne saurons jamais pourquoi elle a choisi de quitter sa famille, la petite et la grande, et nous, ses potes de lycée. Personne n'a rien vu venir.

Qu'est-ce qui se passe dans l'esprit de quelqu'un pour que rien, ni famille, ni enfant, ne puisse la retenir parmi nous.

 

Mardi après-midi, plus que tristes, nous étions abasourdis, frappés par la foudre. 31 ans. Ca ne devait pas nous arriver à nous, ni à eux, ni à elle.

Je n'aime pas les funérailes (qui aime ça d'ailleurs ?), mais c'est bien la première fois que j'ai failli me trouver mal. Je ne suis pas stupide, je sais bien où nous finirons tous, mais j'ai pris une claque terrible.

Mon beau-frère nous a quitté en octobre, mais je crois que la distance nous a aidé à traverser cette tragédie.

 

Pas une minute, je n'ai lâché la main de mon mari. Nous avons prié ensemble, moi la catho et lui l'athée. Nous avons prier pour elle et pour sa famille, espérant qu'elle trouve la paix, cette paix qu'elle n'a sans doute pas trouver ici-bas.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:25

bonbon.jpgUn rien m'agace. Tout m'énerve.

 

Pas envie de sortir, pas envie de voir du monde. Est-ce le blues du retour des vacances ? Le fait de sentir que ma seule famille est très loin de moi ?

Depuis notre retour, impossible de refaire surface. J'ai pas le moral.

 

Le frigo est plein, mon mari m'aime, je l'aime aussi. Les gosses vont parfaitement bien, sont chiants juste comme il faut. J'attends mes résultats de contrôle technique, mais a priori ça a l'air plutôt bon.

Nos comptes en banque sont moyens, comme toujours, c'est à dire qu'on est ni riches ni pauvres.

 

Mais un rien m'agace. Le 8 mai, je n'ai pas rouspété quand mon mari est sorti avec mon fils. J'ai fait le tri dans les vêtements de ma fille, je l'ai bercée et endormie. J'ai pris un bouquin.

J'étais bien. Seule. Toujours avec cette foutue envie de pleurer, mais j'étais bien toute seule.

 

Je suis déprimée. Pas dépressive, je sais que ce n'est pas la même chose, pour avoir vécu les deux. Mais déprimée. Alors que rien ne le justifie.

 

Le truc quand je suis déprimée, c'est que je me mets à ruminer de vieux dossiers genre ma mère (ce dossier-là vaut 12 millions sur l'échelle de la déprime), ma soeur qui me manque, mes incertitudes professionnelles.

Les vieux dossiers c'est pas mal quand tu as envie de pleurer mais que tu n'y arrives pas. Ensuite, un rien te déclenche des flots de larmes : plus de levures pour faire une brioche, la voiture qui prend la flotte par le pare-brise, le grand qui revient avec un mot sur le carnet, la petite qui refuse de manger.

Alors que tous ces trucs franchement, on s'en fout, non ?

 

Il y a aussi ce paradoxe incessant : je me sens seule, très seule mais je n'ai pas envie pour autant d'être tout le temps à l'extérieur avec des copines. J'aime ma solitude. Passer une journée à la maison, même quand le soleil brille, ça ne me gêne pas du tout.

Et pourtant.

C'est un peu le chien qui se mord la queue non ?

 

Mes journées sont, par définition, très solitaires. Je l'ai voulu, j'en suis contente. Je ne me revois pas (en tout cas pas tout de suite) revenir en entreprise.

Mais parfois, même ma nouvelle situation me pèse. Pour la première fois depuis des mois, je travaille sans aucun plaisir...

 

Bref, je suis maussade, toute la journée et de mauvaise humeur avec ma petite famille.

Un mélange entre une vieille sorcière aigrie et une jeune maman déprimée.

 

La seule chose qui me fait un peu de bien, c'est de l'écrire ici. En espérant que personne ne m'écrira qu'il y a pire que moi, la faim dans le monde, la disparition des dauphins d'eau douce, le cancer, les inondations...

 

Mais, on commence à se connaître les filles, je sais bien qu'une ou deux d'entre vous aura vécu la même chose...

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 12:37

Photo-013.jpgDans 10 jours, j'habillerai mon bébé de bon matin. Je n'aurai pas à presser mon grand molasson de Haricot pour qu'il s'habille en vitesse, il sera en vacances chez son père.

 

Dans 10 jours, je la ferai toute belle ma fille, ce sera la première fois que tu la verras.

 

Je serai fébrile, excitée, émue avant l'heure. Je boirai une tisane, comptant sur son effet placebo "décontractant". Il faudra que je me calme, j'aurai un peu de route à faire.

 

Dans 10 jours, je débarrasserai le coffre de la 106 de tout le bazar qui s'y trouve : poussette, sacs, mini-jerrycan (vestige d'une panne d'essence en 2009)... J'y ferai de la place pour ta valise et celle de ton fils.

 

Dans 10 jours, harnacherai ma fille dans la voiture. On prendra la route toutes les deux. L'A6, puis l'A86, mes autoroutes familières.

Comme à chaque fois que tu viens, c'est en voyant les panneaux à fond jaune, synonymes d'aéroport, que mon coeur commencera à battre un peu plus fort.

 

Orly Sud, Orly Ouest...? Quel terminal déjà ? P1, P2, P3 ? Où donc vais-je garer la voiture ? Surtout, retenir le numéro du parking, le numéro de l'allée...

 

Dans 10 jours, je vais repérer le hall des arrivées. Ça grouillera de monde à Orly. Comme toujours. J'aurai une chance sur deux en arrivant devant les écrans d'information : "A l'heure - On time" ou "Late - Retardé". Comme toujours.

 

Alors, j'attendrai. Je t'attendrai. Je bercerai ma fille qui déteste la foule et le bruit. Peut-être s'endormira-t-elle dans son écharpe.

 

Et enfin, le vol en provenance de Pointe-à-Pitre sera annoncé. Dans la file d'attente, comme toujours, il y aura une foule de toutes les couleurs, mais beaucoup de marron tout de même ! Ça parlera créole dans tous les sens. Il y aura des cris, des "Hééééé !!!", des chariots plein de valises, colis, glacières pleines à craquées de délices de là-bas...

 

Et je vous verrai. Je me refuse à t'imaginer, je sais que tu as beaucoup maigri ma Nanny. Tu étais déjà bien fine, la tristesse, le deuil, la solitude ont fait le reste. Je verrai ton petit koala, qui aura tellement grandi depuis mon mariage.

Et les larmes monteront toutes seules.

 

Dans 10 jours, je pourrai enfin, ENFIN, refermer mes bras sur toi et pleurer avec toi. Sans téléphone, sans ces 7000 kilomètres entre nous deux.

Les fêtes de Noël auront peut-être un goût amer, mais tu seras avec nous, ta famille.

 

Dans 10 jours, nous serons réunies. Ce sera un peu comme avant. Toi la timide, et moi le bout-en-train. Peut-être que je pourrai enfin te rendre tout ce que tu m'as donné dans la vie. Te rendre tout ce que tu m'as appris, toi qui m'a si souvent servi de maman.

 

Dans 10 jours, le petit bout de moi qui vit outre-mer me rejoindra enfin.

 

Photo-016.jpg

Noël 1989 - Nanny et moi

 

 Photo en médaillon : Eté 1986 - A Deshaies en Guadeloupe.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 10:22

Je ne compte plus les jours où j'ai maudit ma Freebox en cas de déconnexion.

 

Il y a eu ces trois mois en 2007, quand on a acheté l'appartement, ces trois mois où on a ramé pour avoir le transfert de notre compte Free. On était en pétard. Tous les jours je les pourrissais au téléphone les mecs de chez Free.

 

Il y a ces jours où on arrive pas à avoir toutes les chaînes avec le boîtier HD. Le Haricot râle parce qu'il veut regarder ce manga qu'il adore sur la TNT.

 

Chaque fois qu'il y a un problème, on réagit en nantis, on veut changer de fournisseurs d'accès parce que décidément, merde, encore des problèmes !

 

Depuis presque un mois, pourtant, je la bénis ma Freebox.

 

Depuis presque un mois, je passe plus d'une heure chaque soir (après-midi pour elle) au téléphone avec ma soeur sans débourser un centimes.

 

Ce week-end, synonyme de repos bien mérité pour nous, de trois jours complets en famille a été pour elle le plus long qu'elle ait jamais vécu. Trois jours entiers, confrontée à la réalité de son deuil, de son veuvage. A angoisser pour l'argent, pour son fils, pour la suite, pour la vie...

Heureusement (j'ai envie de dire putain, heureusement !), qu'on avait le téléphone. Il y a encore 10 ans, on y aurait laissé une paye entière et aujourd'hui, c'est gratuit. Je dis qu'on a de la chance.

 

L'après-midi, quand il est 21 heures pour moi, elle rit parfois au téléphone. Et c'est comme avant. Elle s'étourdit dans le travail puis file chercher son fils à la crèche. C'est presque comme avant, sauf qu'elle n'a plus envie de manger en rentrant le soir.

Puis, quand vient le soir pour elle, dans la solitude de sa maison trop grande, elle angoisse. Alors elle appelle. Je dors déjà, mais je sais que c'est elle. Je ne peux rien dire qui puisse soulager sa peine et sa perte, alors j'écoute.

 

Elle m'a dit hier soir que c'était presque magique. Que quelque part, c'était pas si grave que je n'ai pas eu ce foutu passeport à temps. On était ensemble, tous les jours.

Et peut-être en vrai, pour Noël.

 

image.jpg

La Couleur Pourpre - un de nos films fétiches

 

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 10:17

Nanny et NanetteUn grand merci à toutes pour vos gentils messages hier. Je peux vous dire que ma soeur ne dormant pas, elle les a lus et ça la touche beaucoup. Elle n'a appris l'existence de ce blog que très tardivement mais l'a suivi avec assiduité depuis. Je crois que ce qui lui fait un peu mal aussi, c'est de voir que plein d'inconnues lui témoignent tant de soutien alors que des personnes plus proches de notre famille n'ont rien dit.

 

Ce matin, nous saurons ce qui a emporté le futur mari de Nanny et demain sans doute, il rentrera chez lui, sur son île de naissance (la Martinique), qu'il avait quittée pour vivre avec Nanny en Guadeloupe.

Voilà, vous l'aurez compris, je ne serai pas là à temps pour les adieux, ni pour soutenir ma soeur dans cette dure épreuve de l'enterrement. La Fève n'aura son passeport qu'en fin de semaine, voire lundi prochain. Ma soeur ne m'en veut pas et comprend que je ne puisse pas partir sans elle. Elle-même refuse toute aide pour s'occuper de son fils. Elle pense avoir plus besoin de moi après l'enterrement, quand elle sera de retour chez elle en Guadeloupe, seule dans cette maison trop grande, achetée il y a seulement deux ans...

Elle est incroyablement forte et pleure peu. J'ai peur, très peur de "l'après" et elle aussi.

 

Je ne sais absolument ce que je vais lui dire, ce qu'elle a besoin d'entendre. Je vais improviser je crois. Et juste l'étouffer de câlins. C'est un bon début.

 

Il me reste à préparer notre départ, à la Fève et à moi. J'attends son passeport pour acheter le billet d'avion (elle a moins de deux donc ne paie quasiment rien, sauf un truc d'assurance dont j'ai oublié le nom).

Faire le ménage à fond, préparer quelques "tupp'" et congeler des repas tout prêts pour Monsieur Nanou et le Haricot. Me préparer psychologiquement à retrouver la maison dans un état pas possible, comme quand je suis rentrée de la maternité ! Faire des listes : valises, sacs à langer pour dans l'avion...

 

Et surtout, surtout, surtout, blinder la valise de toutes ces petites choses que Nanny adore et qui coûtent si cher aux Antilles. Du chocolat. Beaucoup de chocolat. Des M&M's et bien sûr des Balisto (les jaunes, of course) à s'en faire péter la panse.

On va beaucoup pleurer, le chocolat, c'est essentiel dans ces cas-là, non ? C'est elle qui le dit :

 

- T'emmèneras des Balisto, on va bouffer comme des morfales en regardant des rediffs de merde. Toutes les deux comme avant.

 

Avant, comme les mercredis quand on était petites. Avant qu'on devienne des femmes, qu'on ai des maris et des enfants et que la vie nous rappelle que parfois, elle peut être sacrément garce.

 

 

Photo : Nanny et moi, 7 et 4 ans

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