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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:00

D'après une idée de Sabine...

 

Je croyais aux monstres légendaires de la Guadeloupe...

Je croyais sincèrement que le voisin de ma grand-mère pouvait se transformer en chien, que Bèt a man Ibè (littéralement : la bête de Madame Hubert) allait sortir à la nuit tombée, avec ses pattes munies de sabots, en faisant trainer ses chaînes.

 

Je croyais que je pouvais me faire aspirer les fesses dans les toilettes de l'avion et que les crottes qu'on y faisait tombaient directement dans la mer. Ainsi, dès que j'apercevais les côtes guadeloupéenne, je me retenais pour ne pas salir.

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Schlouuuuuuuuuup

 

Quand j'étais petite je pensais être une héroïne d'un manga qui passait à la télé. Ca ne pouvait pas être une coïncidence, elle me ressemblait trop. Et nous avions un autre GROS point commun, qui n'était pas la couleur.

Je me suis alors demandé comment ce dessinateur japonais me connaissait. Ca me paraissait fou.

 

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Comme elle, je portais ds anneaux en or aux oreilles

(mais j'avais pas les yeux bleus)

 

Je croyais que KPDP était un réalisateur de films avec un pseudo. Les films de capes et d'épées. Voilà, voilà.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 10:41

photo-3-.JPGVu le succès de la saison 1, j'ai rempilé cet été pour une deuxième saison chez les Associés de ma Sabine. Cette fois, ce ne fut pas sur fond de dispute avec Monsieur Nanou, nous sommes dans une période où ne sommes chiants ni l'un ni l'autre (en plus, il est absent 3 jours par semaine en moyenne). Cette fois, j'ai pris la route dans une Golf climatisée et pas dans une 106 surchauffée, une petite fille d'un an de plus assise à l'arrière et qui a crié pendant une demi-heure "les vacances, les vacances !".

Sur la route, j'ai ressenti la même excitation que l'an dernier, mais avec quelque chose en plus parce que je savais où j'allais, je savais que ça se passerait bien.

 

Après un temps certain de route, comme l'an dernier, ma vaillante petite Golf a franchi le portail. Des bisous, du soleil, mes petits Associés encore un peu timides, Sabine en pleine forme... et des tomates farcies pour déjeuner (miam).

Raisonnables, nous avons fait l'impasse sur le vin blanc que nous avons gardé pour le soir.

Très vite, les Associés se sont réhabitués à moi et à la Fève. La petite main de Rosette n'a plus quitté la mienne et Pierrafeu nous a régalé de ces facéties (si si Sabine, ce sont des facéties). Zorro était en déplacement loin de l'Entreprise, je ne l'ai donc pas vu, mais ce n'est que partie remise.

J'ai retrouvé avec plaisir le regard de Grand Mari sur ses enfants. Ca m'avait touchée l'année dernière, ça m'a émue encore plus cette année. Ce regard fier et heureux que peut avoir aussi Mari Chéri quand il regarde notre fille. C'est beau un papa quand même.

Sabine et Grand Mari ont découvert le côté tyrannique de ma fille. S'il te plait et merci ne font pas partie de son vocabulaire, non, la Fève ordonne, les adultes obéissent : "la viande, la viande !!!! compote, compote, compooooooote !!! du lait, du lait !!!!" C'est parfois épuisant, en tout cas pour moi, parfois très drôle à voir et entendre.

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Deux jolies teintes de blond

La Fève et Rosette - Blonde Dorée et Blonde Platine

 

Le soir venu, Sabine et moi avons dansé la danse du soleil quand tous les petits ont consenti à aller dormir. On s'est gavées de sushis (miam). Nous avons veillé tard et c'était bien. Avec tous les bouleversements de ces derniers temps, la pleine saison qui a commencé pour Monsieur Nanou, ça fait du bien de partir un peu et de pouvoir se confier.

C'est marrant les vraies amies, c'est comme une mécanique bien huilée, ça roule tout seul. On ne cherche pas ses mots., on ne sent ni utile, ni inutile, ni jugée, ni jaugée. On est ensemble, c'est tout.

 

Le lendemain, Sabine a commis un poulet-frites. Oui, oui, commis. Elle a fait cuire un poulet énorme (par rapport aux poulets faméliques des supermarchés) et découper patiemment des pommes de terre.

Je suis au régime, je précise. J'ai tout mangé. C'était bon, c'était succulent même. J'ai pensé à Monsieur Nanou qui se serait régalé. J'ai vidé consciencieusement le saladier de frites à ma portée, burp. (je n'ai pas repris un gramme, ouf).

 

Je suis repartie le soir, le coeur léger et lourd à la fois. C'était vraiment, vraiment bien. Merci Sabine... et Associés.

 

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En voiture Simone !

 

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Majestueux

 

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Miss Shirley Temple

 

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J'ai déjà dit que c'était mes fleurs préférées ?

Ah oui, je l'ai déjà dit.

 

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A bientôt...

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 18:01

Chaque cadeau que je reçois de Monsieur Nanou provoque invariablement un fou rire. D'abord, il tombe toujours "à côté".

J'ai voulu un appareil numérique à batterie (par souci d'économie), il m'en a offert un à piles.

Pour notre première année ensemble, je rêvais d'un cadeau très romantique... j'ai eu un GPS. Il y a quelques années, j'envisageais de changer mon ordinateur portable. Pendant des semaines, j'ai parlé de netbook pour finalement réaliser qu'un portable de taille "normale" conviendrait mieux. Bingo. J'ai eu un netbook.

Le dernier cadeau en date a été la saison 4 d'une série dont je n'ai vu qu'une seule saison (par sa faute, vu qu'il regardait la ligue des champions !). Bon, je pense que sur ce coup-là, c'est parce qu'il n'avait pas d'idée.

 

Je n'ai jamais rouspété, d'abord parce que ce serait me montrer bien capricieuse - un cadeau est un cadeau - et ensuite parce que Monsieur Nanou n'oublie jamais une date. Et ça c'est rare chez un homme. Saint Valentin, anniversaire de rencontre, de mariage, muguet du 1er mai... Il n'oublie jamais rien.

Alors même si ce ne sont pas précisément des choses que je veux qu'il m'offre, ça m'est égal. Mon plus beau cadau étant ce petit air timide qu'il prend quand il me tend mon petit paquet ou mon bouquet de fleurs.

Et, invariablement, je m'extasie : "Tu y as pensé, oh merciiiiiiii".

 

A la naissance de la Fève, j'ai eu un très beau bijou en rentrant à la maison. Bien avant notre retour, j'ai reçu des fleurs à l'hôpital. Je n'ai pas eu le droit de les monter dans ma chambre, c'est interdit. On m'a appelée et j'ai dû laisser ma toute petite avec son père, qui souriait bizarrement. Je suis descendue au bureau des admissions, la secrétaire m'a dit qu'on m'avait fait livrer des fleurs.

 

- Elles sont là !

 

Et je les ai vues, belles et fleuries. Des hortensias. Mes fleurs préférées. Je ne savais même pas qu'il savait. J'ai pleuré beaucoup devant la gentille secrétaire. Je lui ai demandé de prendre bien soin de mes fleurs.

Monsieur Nanou m'a offert des parfums de prix, une très jolie bague de fiançailles et une belle alliance aussi. Mais ces fleurs sont le plus cadeau que j'ai jamais reçu de lui.

Je n'ai jamais su s'il les avait déposées lui-même aux admissions où s'il a fait appel à une entreprise comme Foliflora pour les faire livrer. D'ailleurs, ça n'est pas très important.

Je venais de lui donner le cadeau dont il avait précisément envie. Et lui aussi.

 

Le bel hortensia ne s'est pas plu chez nous, il fleurit aujourd'hui dans le jardin de mon beau-père, près de cette maison que nous rêvons de racheter...

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Tableau de Josiane Bisson

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 11:40

La Fève chez les AssociésPuis vint la crise et son lot de silences, de "grrr grrr connard" et de "mais qu'elle est chiante !" - jamais prononcés mais pensés tellement fort - de ras-le-bol généralisé et de dîners boudeurs où l'on entendait que le bruit des couverts...

Et l'envie de fuir quelques jours cet appartement surchauffé et ce mari boudeur. Je commençais à regarder d'un peu trop près ce couteau de boucher acheté chez le Suédois. Hum.

Et Sabine, bloggeuse et amie que j'ai connue virtuellement à mes débuts (il y a presque trois ans !), puis en vrai de vrai quelques mois plus tard, m'a proposé de venir passer quelques jours chez elle, dans son Entreprise.

Ma fille pourrait jouer (ou mettre le bazar, au choix) avec les petits Associés et Sabine et moi on pourrait papoter à notre aise...

 

Bref, j'ai rempli un gros sac avec nos fringues, j'ai chargé la bagnole, je suis allée faire la pression des pneus et j'ai pris la route destination... quelque part en France !

J'ai poussé ma fidèle 106 au maximum de sa vitesse (elle monte pas bien haut la pauvre). Y'a pas à dire, elle a beau avoir 18 ans, elle vire comme sur des rails (copyright Pretty Woman).

 

Nous sommes arrivées pour déjeuner. Zorro et Pierrafeu n'ont pas été timides très longtemps tandis que Milou (saisissant de beauté, attention dans quelques années !) a mis plus de temps pour se laisser séduire.

Rosette était en déplacement professionnel loin de l'entreprise, elle nous a rejoint le soir. En quelques minutes, j'ai trouvé une nouvelle copine.

 

La Pédégère m'a tout fait visiter : la compta, le local-cantine, le service du personnel, le bureau de Grand Mari (qui est réellement un grand mari), la salle de réunion...

Grand Mari a prêté son tracteur à ma fille et m'a un peu expliqué son travail à l'entreprise et en tant que Grand Mari de la pédégère. C'était chouette, il est sympa Grand Mari.

 

Le lendemain, nous avons visité des curiosités de la région (mais je te dirai pas lesquelles sinon c'est trop facile !) en scindant la petite équipe des associés en deux.

Rosette s'est improvisée nounou d'enfer pour ma fille survoltée et particulièrement dégourdie (à 4 pattes hein) tandis que Pierrafeu a endossé le difficile costume d'assistant-shopping pour sa mère et moi. Et tout ça avec le sourire.

 

Je suis tombée amoureuse de mes petits Associés.

J'ai aimé la grâce et le minois de Rosette et sa petite voix de souris. Et je veux sa chambre ! Elle était complètement fan de ma fille...

J'ai aimé le calme de Zorro, le fait qu'il ne lâche rien ("Nanette, t'oublies pas hein ? tu m'as promis un ping pong !") et la couleur de ses yeux.

J'ai adoré les facéties de Pierrafeu (quel phénomène !) et, en amoureuse de la langue française, je n'ai pu qu'apprécier aussi la richesse de son vocabulaire. (en voyant mon Kindle un matin : "tu lis des livres là-dessus ? C'est épatant !").

Quant à Milou, je l'ai dit, il est saisissant de beauté. Il est grand, tout en longueur comme Grand Mari.Son petit caractère très très affirmé m'a fait beaucoup rire !

J'avoue que j'ai beaucoup ri avec les Associés. Sabine, plusieurs fois m'a dit "ah tu ris à leurs bêtises !". C'est bien connu, on rit toujours des bêtises des enfants... des autres !

 

Nous nous sommes tellement plu chez les Associés que nous avons prolongé notre séjour d'une nuit. Le soir, nous avons pris un petit apéro dans le jardin. J'ai eu la sensation d'être en vacances... C'était bien.

Ma fille, d'ordinaire méfiante et timide avec les gens qu'elle ne connait, s'est prise d'une véritable passion pour Grand Mari. Petits sourires en coin, mimiques adorables... je pense que j'aurais pu la laisser sur place sans problème !

 

Il a, bien sûr, fallu repartir... En embrassant la jolie Rosette, je lui ai demandé de ne surtout pas m'oublier !

En chemin, dans la grande ville d'à-côté, je me suis arrêtée pour prendre un peu d'essence... "Bonne route ! m'a dit la dame de la station service en voyant ma plaque d'immatriculation essonnienne.

 

Et en reprenant l'autoroute en sens inverse... j'ai eu quelques larmes. C'est sûr, on reviendra !

 

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Photos :

1 / La Petite Madame, stagiaire chez Sabine et Associés. Permis tracteur validé

2/  Je suis repartie de chez Sabine avec des oeufs. Que j'ai mangé tous les matins !

 

P.S : L'ambiance est revenue au beau fixe à la maison. J'ai boudé 5 minutes... puis je n'ai pas résisté à l'envie de raconter notre week-end avec moultes détails ! (on a mis les points sur i après !)

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 08:00

voyage-avion.jpgC'était donc mon, notre premier voyage aérien avec un bébé. Le Haricot et moi étions déjà allés ensemble en Guadeloupe, mais il était déjà bien plus grand.

Si on devait dresser un bilan, je dirais que nos voyages en avion se sont GLOBALEMENT bien passés. Je dis bien, globalement...

 

Le voyage aller : où comment un nez bouché peut pourrir un départ

 

La veille, nous avons peaufiné les bagages jusque tard dans la soirée. La plus grosse des valises pesait... 33 kilos, rapport au cubi de vin qu'il y avait dedans. A mes tonnes de vêtements sans doute, aussi.

Nous avions droit à 46 kilos chacun... mais répartis en deux fois 23 kilos. Hum hum.

 

La veille, la Petite Madame, ma charmante fille qui n'avait JAMAIS été malade en une année de vie, a décidé d'attraper froid. Ou a chopé un petit virus. Elle nous a réveillé dans la nuit à 1 heure du matin en hurlant. Comme à mon habitude, je l'ai attrapé par le bras/lescheveux/la jambe, j'ai dégainé un sein que je lui ai fourré dans la bouche (= tais-toi bébé, je roupille bordel). Et pour la première fois en un an, ça n'a pas marché.

J'ai mis environ 10 minutes avant de me rendre compte qu'elle ne pouvait pas téter et respirer par le nez en même temps.

C'est donc encombrée et ronchon que ma poupette a pris son premier avion.

Ce furent huit heures de mouchage, câlins, tétées et regards furibards vers mon mari qui a réussi à dormir, LUI.Ma pauvre poupée a été malade toute la première semaine, mais sans fièvre.

Du côté du Haricot, un bon Picsou géant et sa console portable ont rendu le voyage idyllique.

Moi... j'ai géré le bébé en alternance avec Monsieur Nanou et j'ai pu (re)-lire un bon vieux Daniel Pennac en entier (je lis vite, très vite).

On a bien mangé je trouve, il y avait même un menu spécial bébé (ma fille a goûté son premier petit pot - échec total). Nous nous sommes appliqués à tout engloutir (sauf bébé, donc), histoire de rentabiliser le billet d'avion. Je confirme donc que le vin rouge de la mini-bouteille offerte monte bien plus vite au cerveau à cause de l'altitude. J'ai dormi donc. Hic !

A l'atterrissage, Monsieur Nanou et le bébé ont tous les deux eu très très mal aux oreilles (malgré les chewing gum et les tétées). D'ailleurs, Monsieur Nanou a gardé une oreille hors service pendant trois jours.

 

A l'arrivée, en traversant la passerelle j'ai ressenté cette sensation grisante : une sorte de nappe d'air chaud et humide m'est tombée dessus. J'ai enlevé ma chemise à manches longues et j'ai savouré le plaisir d'être ENFIN en débardeur. DEBARDEUR. Vacances.

 

 

Le voyage retour : 7h50 au Pôle Nord

 

Le voyage retour dure un peu moins longtemps que l'aller (forcément, c'est pas le même chemin, sinon deux avions qui se rencontrent, je ne vous fais pas un dessin !).

On a décollé à 17h15 heure locale, donc 23h15 en métropole. Une fois à bord, à l'heure théorique de la nuit, les lumières sont tamisées. Et théoriquement, on dort. Sauf ma fille qui a joué à "qui criera le plus fort" avec le bébé d'à côté.

Il faisait un froid de canard dans ce satané avion : climatisation à fond ! J'ai vite rhabillé mon bébé en mode hiver tandis que le Haricot et son beau-père se la coulaient douce en tee-shirt. Les hommes ont toujours chaud, c'est dingue !

 

On a moins bien mangé mais de toute façon, on n'avait pas grand appétit. Le blues de la fin des vacances et les 9°C annoncés à l'atterrissage...

PULL. Fin des vacances.

 

Autant l'aller a été un voyage assez paisible (au niveau du vol au moins), autant le retour a été hyper stressant. Trois zones de turbulences très très mouvementées. Même les hôtesses faisaient une drôle de tête en attachant leurs ceintures... et nous ont avoué un peu après que les turbulences avaient été "assez fortes tout de même".

images-copie-3.jpgCôté confort... c'était un avion, donc on était très assis, très droit. Nous avions des places "bébé, devant, entre les deux "classes". On nous a installé une sorte de nacelle pour que le bébé puisse dormir. En fait, elle y est surtout restée assise, à l'aller comme au retour. Elle dormait mieux sur moi.

 

Nous avions chacun notre petit écran de télé et cette fois, pas de film imposé. On pouvait choisir entre des dizaines de films disponibles (j'ai pu - enfin - voir Intouchables à l'aller), ou la radio, ou de la musique et même des jeux.

 

En nous dirigeant vers les portes pour desecndre de l'avion, au retour, nous avons traversé la première classe. Classe. On y pensera la prochaine fois (moyennant 1500 euros de plus. Hum).

 

On a attendu nos bagages pendant des plombes et mon beau-père nous a réservé un bel accueil. Il a fait tout ce qu'il a pu le pauvre, devant nos tronches de six pieds de long...

 

Dans ma prochaine carte postale, postée de l'Essonne (sanglot), je vous parlerai des impressions de Monsieur Nanou sur ma belle Gwada...

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:53

Guadeloupe chérie, tu vas me manquer...

 

Jeudi après-midi, il fallut dire au revoir à la Guadeloupe. Un dernier bain de mer, des dizaines d'au revoir aux cousins, tantes, oncles, amis... et surtout à ma soeur et son fils de deux ans et demi.

C'est bien la première année que repartir me fait aussi mal. Ce n'est pas mon premier départ pourtant, mais, l'âge sûrement, me fait prendre conscience de l'importance de mes racines. Je n'y suis pas née, je n'y ai pas vécu mais une partie de mon coeur est là-bas.

Une partie de moi parle créole, cuisine du poisson, se lève au chant du coq...

 

Guadeloupe chérie, tu vas me manquer...

 

J'ai laissé là-bas ma soeur, celle dont je ne pourrais jamais me passer. Celle avec qui j'aime tant me chamailler. Je repars avec l'impression que, même si ce deuil est plus que présent dans sa vie, elle commence, tout doucement à surmonter, à vivre.

J'ai laissé là-bas mon seul neveu, que nous avons baladé avec nous pendant toutes les vacances, découvrant cette sensation effrayante et grisante à la fois, d'avoir trois enfants. "Mon tonton" aimait-il dire à Monsieur Nanou en le serrant dans ses bras...

Il est si fort et si fragile à la fois ce petit bonhomme qui n'a plus de papa. Il sait et comprend tout, en parle même parfois. Et chaque fois, nous avons eu le coeur serré.

J'ai laissé là-bas mon père, qui devrait rentrer en métropole en juin... pour préparer son départ définitif, qu'il repousse depuis 5 ans.

 

Guadeloupe chérie, tu vas me manquer...

 

Dans l'avion qui nous ramenait, comme pour nous préparer, la climatisation était au maximum. A l'atterrissage, c'est un ciel gris et le froid qui nous attendaient...

Fatigués par long trajet assis, nous avons retrouvés notre chez nous. Nous étions tout de même heureux de retrouver nos murs.

Moins heureux par contre, de remettre nos jeans et nos pulls. Mais les meilleures choses ont une fin...

 

Guadeloupe chérie, tu vas me manquer...

 

En attendant, mon congélateur est plein de poissons délicieux et une bonne odeur de mangue flotte dans la cuisine. Nous en avons ramené des dizaines, encore vertes, qui mûrissent gentiment en attendant d'être dévorées...

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 08:00

vote-gwada.jpgCette année, au premier tour, j'ai voté par procuration. J'ai pris mes précautions avant notre départ en allant au commissariat.

 

Ici, les élections, c'est toujours houleux. Mon père, viscéralement de gauche (même s'il est incapable d'expliquer pourquoi) a failli se faire sévèrement corriger en défendant, dans sa prime jeunesse, le maire communiste de sa ville. Depuis, il est devenu socialiste, enfin "socialiss" comme il dit avec son accent.

 

Comme nous sortons beaucoup, entre famille et restos en bord de mer, j'ai eu l'occasion d'entendre toutes sortes de choses à propos de cette élection. La tendance de l'île quoi. Rassurez-vous, je ne vais pas vous bassiner avec Hollande et Sarkozy, on en mange suffisamment sur les chaînes d'infos. J'ai tout de même hâte d'être au 2 mai, à la maison, pour critiquer le costume de l'un et la cravate de l'autre. Sans oublier leurs coupes de cheveux. Je dois être centriste, ou alors apolitique.

 

En Gwada donc, les affiches des candidats sont bien respectées, et ça j'adore, même s'il y en a certaines que j'aurais bien déchirées !

En ville, nous en avons tout de même vues plusieurs avec un tag noir et immense : "KI MOUN Ké SAUVé NOU ?", traduction : "qui nous sauvera ?". Vaste question.

 

Si la Guadeloupe était la France entière, il n'y aurait pas eu de second tour. François Hollande a remporté ici 57 % des voix, soit la majorité absolue. Pour info, Sarkozy l'avait emporté en Guadeloupe en 2007. Pour avoir lu le "programme pour l'Outre Mer" de François Hollande, ça me semble assez logique. J'ai particulièrement apprécié son plan santé, qui valorise l'hôpital public.

 

Marine Le Pen... peine avec ses 5% ici. Quand j'ai demandé à mes cousins, aux commerçants qui pouvait bien voter pour elle ici, on m'a répondu : ceux qui en ont marre que les chinois, libanais, syriens etc possèdent tous les commerces. Ambiance.

 

Ce que je retiens dans ce vote, c'est qu'ici, dans ma Gwada chérie, on "s'habille" pour aller voter, comme quand on va à la messe. Mes tantes ont mis leurs plus beaux bijoux, souvent un chapeau sur la tête, tout ça pour accomplir leur devoir civique. Il faut dire que les plus âgées d'entre elles ont connu une époque où les femmes n'avaient pas le droit de vote. Elles ont connu également leurs grands-parents et arrière-grands-parents qui n'avaient pas le droit de vote parce qu'ils étaient noirs.

Alors bien sûr, il y a de l'abstention... près de 47%. Après le mouvement de grève générale de 2009, les déçus de tous les partis sont nombreux. Il y a aussi les personnes âgées qui ne votent pas, parce qu'elles sont alitées. La procuration ? Comme me l'a dit ma grand-tante E. : "et comment je saurais si la personne ne vote pas autre chose que ce que j'ai dit ?!"

 

Aaaaaah, et je retiendrai aussi que politique et alcool ne font pas bons ménages, rapport à l'oncle G qui est parti en vrille total. Ou comment retourner complètement la bonne ambiance d'un repas de famille. Morceaux choisis :

 

- Vous n'avez rien compris à la politique, rien compris à la vie ! Vous êtes nuls !

(mon père, pas du tout extrême)

 

- Peu importe qui va "passer", de toute façon, on finira tous sous la terre !

(mon oncle, optimiste)

 

- Moi j'aime bien Sarkozy parce que j'aime les hommes petits.

(l'épicière de notre ville, coquine)

 

- Marine Le Pen et Le Pen le vieux, ils sont de la même famille ? J'ai pas suivi !

(Le Haricot, complètement à l'ouest)

 

- Le mec de Marine Le Pen est sexy. J'arrive pas à y croire.

(ma soeur, observatrice).

 

- Arrêtez avec votre politique ! Fermez-la et mangez vos ignames !

(Tatie L., despote mais tellement dans le vrai !)

 

Et chez vous, ça s'est bien passé ? A vos commentaires, décalés surtout hein, c'est pas un blog politique !

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 08:00

On en croise partout. Pas de jaloux, ni de différence entre les classes, les maisons, les gens : ni zandolis tou patou !

Comprenez : il y a des anolis partout !

 

Je les ai toujours connu et de mémoire, j'ai toujours essayé d'en attraper un dans mon enfance. Une fois, avec mon cousin Nico, on a presque réussi : dans la manoeuvre, on a coupé la queue d'un malheureux. Elle bougeait toujours, même séparée du corps, trop bizarre ! Notre grand-mère nous a expliqué que le lézard vivrait sans... jusqu'à ce qu'elle repousse !

 

Monsieur Nanou, qui ne connaissait que les lézards gris ou argentés qu'on trouve entre les pierres dans notre Gard adoré, a ouvert des yeux tout ronds en découvrant notre ami sur un petit muret dans le jardin de ma soeur :

 

Images-112010_012011-3013.JPG

 

J'ai donc connu ces petits chéris de 10 à 15 centimètres environ pendant mon enfance, à chacune de mes périodes de vacances en Gwada. Ils ont peur de l'homme, donc aucune inquiétude à avoir, ils ne sautent pas sur nous !

 

Ils sont beaux à regarder, ils pullulent. On dit ici (enfin, quand je dis on, c'est principalement les écolos et les anciens) que tant qu'il y en aura, cela voudra dire que l'écosystème guadeloupéen se porte bien. Idem pour les cafards, qui sont, ici, gros comme des pruneaux et aiment se cacher pour mieux sortir la nuit, en quête de poubelles...beurk.

On peut très facilement les prendre en photo, de très près. Ils ne s'échappent que si nous faisons mine de vouloir les saisir, ou en cas de geste brusque.

La photo n'est pas très fidèle, notre ami vert était en fait magnifique, presque fluorescent. Admirez sa ligne et ce petit regard coquin. Il prend la pose non ?

 

Maintenant que je suis une femme, vu que j'ai eu 30 ans samedi (sanglot), j'ai fait une petite recherche et découvert qu'en fait, le terme "anoli" s'applique à des dizaines de sortes de lézards, c'est un terme latin.

Mais pour moi, ils resteront les zandolis de mes vacances.

 

Ce qui est dommage, c'est que je n'arrive pas à mettre la main sur un "mabouya". Sans doute le spécimen de lézard le plus dégueu que j'ai jamais vu. Rose, à la peau transparente et beaucoup plus gros que l'anoli.

Quand on en trouvait un dans la maison, il nous était interdit d'y toucher, de le chasser ou le tuer : en effet, il était synonyme de bonne fortune, de porte-bonheur et/ou, comme disait ma grand-mère que "de l'argent allait arriver"...

Je reste à l'affût du mabouya et de toutes les bestioles incroyables, et surtout énormes que l'on croise ici.

 

Pour info, j'ai failli mourir de peur en voyant une libellule !

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 19:13

Ce qui est chouette en Gwada, c'est que quelque soit ton poids, tout le monde te trouve "trop maigre".

 

Forcément, tu manges mal en métropole. Rendez-vous compte, on mange de la blanquette là-bas. Une viande toute blanche dans une sauce toute blanche.

Moi j'adore la blanquette hein, mais ici, un truc sans oignons, sans piment et pas trop d'épices, c'est insipide.

 

Alors, la mission de toute la famille est de nous remplumer et surtout de nous faire découvrir (redécouvrir pour moi) les saveurs de "chez nous".

Evidemment, je me régale et j'ai laissé mon régime à la douane, à Orly. Heureusement, on mange beaucoup de poisson ici : grillés, frits, au four, au barbecue... Toujours bien assaisonnés (idéalement, la veille), forts en goût et pimentés. Pour Monsieur Nanou, peu habitués aux plats relevés, nous assaisonnons au piment dit "végétarien", une variété qui a le goût du piment, sans le piquant.

Nous allons les chercher au bord de la mer, toujours avec mon père pour ne pas nous faire arnaquer (mon "accent" parigot fait de moi un pigeon de premier choix).

J'adore voir tous ces poissons sur les étals. Ca ne sent pas mauvais, ça sent l'iode, la mer...

 

Avec notre "pêche", mon père prépare un blaff de poisson, un plat simple et bien de chez nous :

 

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Le blaff de poisson - les poissons sont des bonites.

Ca a l'air un peu glauque comme ça, mais c'est super bon !

 

En accompagnement, on mange des "fruits à pain". Ce "légume" pousse dans les arbres. Ca a la consistance d'une pomme de terre, le goût s'en approche aussi, mais c'est bien meilleur.

 

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Fruits à pain

 

Avant tout ça, mon père et Monsieur Nanou, souvent accompagnés d'un cousin, ont bu un (ou deux) ti punch, pendant que je carbure à la bière Carib.

Mais on aime aussi le jus de canne, qu'on achète au bord de la route. Un monsieur en camion le prépare devant nous : il met les cannes à sucre dans un broyeur artisanal et il en sort un jus brun-vert. On ne le boit pas tout de suite, c'ets bien meilleur très frais, avec un trait de citron-pays.

 

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Jus de canne

 

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Coco - l'eau en arrière-plan

(merci de ne pas chambrer la nappe de feue ma grand-mère et ses magnifiques citrons)

 

Le premier jour, pour nous souhaiter la bienvenue, mon père a cueilli et préparé pour nous un "coco à l'eau". Fendu au sabre (le fameux "coutelas"), on boit l'eau de coco (on ne dit pas lait de coco, par pitié, en tout cas pas ici) et on mange la chair, appelée "crème". Elle peut être ferme ou un peu gélatineuse.

 

Et bien sûr, on fait le plein de fruits succulents. Nous avons de la chance, les manguiers sont pleins. C'est effarant parfois de voir toutes ces mangues qui tombent par terre, bien mûres et sucrées. Contrairement à toutes ces mangues d'Amérique du sud qu'on achète en métropole, celles-ci ont non seulement la chair, mais la peau parfumée !

Il en existe des tas de variétés, aux noms créoles : mangue-pomme (la plus petite), mangue greffée (la plus parfumée, issue d'une greffe comme son nom l'indique), mangue-fil (qui laisse plein de fils entre les dents !), mangue-tine, manque-boeuf (énorme).

 

Demain, j'ai 30 ans. Ma famille sait que c'est une date difficile pour moi, donc nous ferons un petit repas dans la maison de ma grand-mère, sans grosse fiesta.

Un repas familial et participatif : Tatie L. préparera du poulet, son mari et mon père, le traditionnel planteur. Il y aura aussi du boudin, du colombo de crabe... En dessert, je ne veux pas de gâteau... rien ne vaut le vrai, l'inimitable sorbet-coco !

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 14:01

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- Mais tu peux lui faire la bise, c'est ton cousin !!!

 

C'est une phrase que j'entends dix fois par jour. La Guadeloupe semble peuplée de cousins à moi. Eloignés ou pas, germains ou pas. La Basse-Terre est remplie de Nanette (celui qui dit quel dommage, je le plombe !!).

 

Spontanément, quand je rencontre quelqu'un de nouveau, surtout un homme, je tends la main. Invariablement, mon père surgit derrière mon épaule...

 

- Embrasse-le, c'est TON COUSIN !!!

 

Parfois, il s'agit d'un beau gosse métissé, moulé dans un short en jean un peu trop serré.

 

Parfois, c'est un agriculteur. En nage. Je veux dire ruisselant quoi (bosser par 32°C, ça aide pas).

 

Parfois, courtois, il renonce : "Je t'embwasse pas ma chéwie, je sue !".

 

Parfois, il me saisit par les épaules et me trempe le visage.

 

J'ai une grande famille et j'en prends conscience. Chaque jour, je la fais découvrir à Monsieur Nanou, à mes enfants.

 

J'adore ça.

 

Il est bientôt 8h00 ici, la journée a commencé depuis longtemps. Je me sens bien. Ce n'est pas vraiment chez moi, mais mes racines sont en partie ici.

 

J'entends la "voiture à pain" qui arrive. Et vous savez quoi ?

 

Le boulanger est mon cousin !

 

 

Photo : La maison de ma grand-mère. Les murs ont vieilli mais son odeur habite encore toutes les pièces.

Elle est morte à 96 ans en 1997 et cette maison, ce jardin devant et derrière... tout me la rappelle.

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